HISTOIRE DES PERSES

 

 

 

PARTAGE DE L’EMPIRE DES PERSES ENTRE LES SUCCESSEURS D’ALEXANDRE

Lorsque Alexandre mourut, il ne laissa qu’un fils de Barsine, qui portait le nom d’Hercule. Une autre de ses femmes, Roxane, se trouvait enceinte ; Statira, fille de Darius, espérait l’être, mais sa grossesse n’était pas déclarée. Il existait encore un frère naturel d’Alexandre, qu’on appelait Aridée, et qui prétendait au trône. Le conquérant de l’Asie n’avait désigné aucun héritier, et son vaste empire devint l’objet de l’ambition et la cause des discordes de’ tous les généraux macédoniens. Tous voulaient dominer ; aucun ne voulait souffrir un maître. Les principaux chefs de l’armée se sentaient à peu près égaux en naissance, en valeur, en réputation, et nul ne se montrait assez supérieur à ses collègues en richesses et en pouvoir, pour exiger leur obéissance. La cavalerie demandait qu’on donnât le sceptre à Aridée, dont la raison était affaiblie par le breuvage que sa belle-mère Olympias lui avait fait donner, dans on enfance.

L’infanterie s’opposait au choix d’un prince si faible. Ptolémée et d’autres généraux, qui aspiraient à l’indépendance et à la souveraineté, appuyaient cette opposition. Les peuples d’Orient, consternés de la mort d’Alexandre et effrayés du, vide que laissait ce grand homme sur la terre, prévoyaient que leur pays allait devenir le théâtre des querelles sanglantes de leurs vainqueurs divisés. La Grèce, au contraire, se livrait aux transports d’une joie tumultueuse, et croyait recouvrer sans peine son antique liberté.

Au milieu de cette agitation et de ces incertitudes, tous s’occupant plus de l’avenir que du présent, personne ne gouvernait. On ne prenait aucune décision, et le corps d’Alexandre demeura cinq jours sans être enseveli. Enfin les Égyptiens et les Chaldéens l’embaumèrent, et un officier, qui portait, ainsi que le frère du roi, le nom d’Aridée, fut chargé de le transporter en Égypte.

Les généraux d’Alexandre se réunirent tous en conseil ; et après beaucoup de troubles et d’agitations, ils arrêtèrent d’un commun accord qu’Aridée serait roi. Son imbécillité, qui devait l’exclure du trône, l’y fit monter, parce qu’elle laissant à chacun l’espoir de régner sous son nom.

On convint, encore que si. Roxane accouchait d’un fils, il régnerait conjointement avec Aridée. Perdiccas obtint la tutelle des princes et le, titre de régent. Mais le régent et le roi n’avaient que l’ombre du pouvoir ; les généraux se partagèrent l’empire et administrèrent leurs provinces plus en monarques qu’en gouverneurs. On donna la Thrace et les régions voisines à Lysimaque ; la Macédoine et l’Épire à Antipater ; le reste de la Grèce à Cratère ; Ptolémée, fils de Lagus, eut en partage l’Égypte ; Antigone, la Lycie, la Pamphylie et la Phrygie ; Cassandre gouverna la Carie ; Ménandre, la Lydie ; Léonat, la petite Phrygie ; Néoptolème, l’Arménie.