PREMIÈRE GUERRE CONTRE LES PERSESCYRUS avait fondé dans l’Orient un empire immense, que sa famille ne sut pas longtemps conserver : les folies et les vices de ses successeurs les renversèrent du trône élevé par le génie de ce grand homme. Un mage imposteur l’occupa sous le nom de Smerdis ; mais
il fut bientôt démasqué, et massacré par les grands de Son empire comprenait toute l’étendue de Pour rendre sa puissance plus respectable aux yeux des peuples il avait épousé Atossa, fille de Cyrus. Cette femme ambitieuse et vaine fut trompée par un médecin grec, nommé Démocède, que le roi retenait malgré lui en Perse, et qui cherchait les moyens d’échapper à sa tyrannie. Cette légère intrigue devint une des causes de la guerre
qui éclata bientôt entre l’Asie et l’Europe. Darius voulait combattre les Scythes
: la reine voyait avec peine une entreprise qui n’offrait que des dangers et
ne promettait que des déserts : Démocède lui dit qu’elle devait engager son
époux à tourner plutôt ses armes contre Darius aimait la gloire, et ne croyait pas qu’une si
petite contrée, divisée en tant d’états faibles pût lui opposer une grande
résistance. Il chargea Démocède de parcourir Un événement plus important acheva bientôt d’aigrir les esprits, et alluma cette forte haine qui devait ensanglanter tout l’Orient. L’île de Naxos, l’une des Cyclades, se voyait alors agitée par des troubles qu’excitait dans toutes les républiques grecques la querelle interminable de la pauvreté contre la richesse, de la démocratie contre l’aristocratie ; le peuple l’emporta, et bannit de Naxos les citoyens les plus opulents. Ils se réfugièrent à Milet, où commandait Aristagore, et implorèrent son secours pour rentrer dans leur patrie. Aristagore courut à Sardes, où résidait le satrape Artapherne, frère du roi de Perse : il lui fit entrevoir que la conquête de Naxos serait facile ; que sa chute ferait tomber l’île d’Eubée (aujourd’hui Négrepont), et ouvrirait un libre passage en Grèce. Darius, informé par son frère de cette proposition, l’accueillit avidement ; et chargea un de ses parents, nommé Mégabaze, de commander l’expédition sous la direction d’Aristagore. L’entreprise n’eut point de succès : Mégabaze souffrait avec impatience qu’on soumît un prince tel que lui aux ordres d’un Grec, d’un Ionien ; il avertit secrètement le gouvernement de Naxos de l’attaque qui allait être dirigée contre lui. Les Naxiens, qu’on croyait surprendre, se défendirent avec opiniâtreté : après quatre mois de siège les Perses firent obligés de se retirer. Mégabaze, attribua son échec à une trahison d’Aristagore, et l’accusa devant Artapherne qui jura sa perte. Aristagore, chercha son salut dans la révolte ; il
parcourut l’Ionie pour la soulever : cette province était remplie de colonies
fondées par les Grecs que les Héraclides avaient chassés du Péloponnèse.
Aristagore sût réveiller leur amour pour leur ancienne patrie, et leur persuada
facilement de faire cause commune avec les Grecs. Les Ioniens, convaincus que
la servitude deviendrait leur partage s’ils laissaient asservir Aristagore se rendit à Sparte. Cléomène y régnait :
il lui représenta qu’il était digne d’un peuple libre d’affranchir les Ioniens
d’un joug honteux et pesant, de faire échouer les projets de Darius en les prévenant
et de porter la guerre au sein de |