Texte numérisé par Marc Szwajcer
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Marquardt s’est efforcé de démontrer que chaque province avait eu sous l’Empire son assemblée[1]. Il a fait à cet égard des recherches méritoires, mais il a eu le tort de confondre les époques, et de ne pas assez tenir compte de la diversité des documents. On peut arriver, semble-t-il, aux mêmes conclusions que lui, en adoptant une méthode plus rigoureuse. Nous bornerons, pour le moment, cette étude aux trois premiers siècles de notre ère ; car, avec le règne de Dioclétien, c’est une nouvelle période qui commence ; elle sera, à son tour, l’objet d’un examen ultérieur. Dans beaucoup de provinces romaines, les textes mentionnent, en termes formels, l’existence d’une ou de plusieurs assemblées. En voici la liste :
Il y a en outre des provinces ou nous devinons plutôt que nous ne constatons la présence d’une assemblée. S’il en est, par exemple, qui célèbrent un culte commun ou qui prennent part à l’élection d’un même prêtre, qui choisissent un patron unique, qui envoient des députations au prince, qui adressent des remerciements à un gouverneur, bref, s’il en est qui accomplissent des actes pour lesquels une réunion de délégués a été nécessaire, nous pouvons affirmer que celles-là ont un concilium ou un κοινόν. Les preuves, en pareil cas, ne sont qu’indirectes ; mais elles ont toute la valeur d’un témoignage direct. Elles nous permettent de dresser la liste suivante : 1° Sardaigne[37]. 2° Lusitanie[38]. 3° Narbonnaise[39]. 4° Alpes Maritimes[40]. 5° Alpes Cottiennes[41]. 6° Germanie Inférieure[42]. 7° Bretagne[43]. 8° Rhétie[44]. 9° Pannonie Supérieure[45]. 10° Pannonie Inférieure[46]. 11° Liburnie (portion de la Dalmatie)[47]. 12° Mésie Inférieure[48]. 13° Pont[49]. 14° Pamphylie[50]. 15° Numidie[51]. 16° Maurétanie Césarienne[52]. Quant aux autres provinces, rien ne démontre qu’elles aient eu des assemblées, mais rien ne démontre aussi qu’elles n’en aient pas eu. Il est possible que quelque heureuse découverte autorise plus tard à les rattacher aux listes précédentes ; mais, dans l’état actuel de nos connaissances, il est sage de les considérer, au moins provisoirement, comme ayant été dépourvues de cette institution. Le nombre d’ailleurs en est très restreint. Ce sont : 1° La Corse. 2° La Sicile. 3° Le Norique. 4° La Dalmatie propre. 5° L’Épire. 6° La Mésie Supérieure. 7° L’Arabie. 8° L’Égypte. 9° La Cyrénaïque. 10° La Mauritanie Tingitane. Encore est-il bon de noter que la Sicile avait un commune au temps de Cicéron[53], que le culte de Rome et d’Auguste avait pénétré dans le Norique[54], et peut-être dans la Maurétanie[55], enfin que dans plusieurs de ces contrées on a jusqu’ici fait peu de fouilles. Si l’on rapproche tous ces indices, sans en exagérer l’importance, on sera tenté de supposer qu’à l’exception de l’Egypte, soumise par Auguste à un régime particulier, ces provinces durent avoir leurs réunions, comme les autres[56]. Ces assemblées se maintinrent-elles toutes jusqu’au règne de Dioclétien ? Pour répondre à cette question, il faudrait être en mesure de retracer l’histoire de chacune d’elles. Il y a malheureusement de telles lacunes entre les textes que l’entreprise serait chimérique. Nous nous bornerons à indiquer, quand il y aura lieu, les dates extrêmes où l’on voit apparaître ces différentes diètes pour la première et la dernière fois.
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