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Domitien (Titus Flavius Domitianus)[1] naquit le L’éducation de Domitien fut négligée. Il fut laissé dans la gêne. par Vespasien, alors assez pauvre[9] : on raconta même que dans sa jeunesse il s’était vendu plusieurs fois[10]. Nous ne savons rien de plus sur ses premières années. Son père avait été en 67 chargé de réprimer la révolte des Juifs. Après la mort de Néron, il avait successivement reconnu Galba, Othon, Vitellius. Mais craignant d’être sacrifiées aux troupes de Germanie qui soutenaient Vitellius, les légions d’Égypte, de Judée et de Syrie conférèrent l’empire à Vespasien (juillet 69), et celles des pays du Danube (Mésie, Pannonie, Dalmatie) suivirent leur exemple. Le nouveau prince se rendit en Égypte : il voulait vaincre
par la famine Rome qui tirait de cette contrée la plus grande partie de ses
approvisionnements de blés ; il désirait aussi ne pas compromettre sa
réputation dans une guerre civile. Le gouverneur de Syrie, Mucien, qui avait
décidé Vespasien à accepter le pouvoir suprême, fut chargé de conduire une
armée en Italie par l’Asie Mineure, Pendant ces événements, Domitien se trouvait à Rome. Vitellius, pensant que le fils de son rival pourrait lui servir d’otage, le fit garder. Il n’avait d’ailleurs formé aucun mauvais projet contre lui, espérant par cette conduits modérée sauver la vie des siens en cas de défaite. Des envoyés d’Antonius Primus parvinrent à pénétrer, dit-on, jusqu’à Domitien, et lui indiquèrent un lieu où il trouverait asile et protection. Le jeune homme eût bien voulu se réfugier auprès des troupes flaviennes, qui avaient déjà traversé les Apennins, mais il n’osa pas se fier à ses gardiens, quoiqu’ils lui eussent promis de l’accompagner dans sa fuite[11]. Le Le 20 décembre[14], Antonius Primus, accouru en toute hâte sur l’avis de Sabinus, entra dans Rome, se rendit maître de la ville et Vitellius fut massacré. Le jour étant sur son déclin, et la peur ayant dispersé les sénateurs et les magistrats, dont les uns étaient sortis de Rome, les autres cachés chez leurs clients, le Sénat ne put être convoqué. Domitien, ne voyant plus d’ennemi à redouter, se rendit auprès des chefs victorieux et fut salué du nom de César ; puis les soldats, toujours en armes, le conduisirent à la maison de son père[15], qu’il quitta du reste bientôt pour aller habiter sur le Palatin, dans la demeure impériale[16]. Le lendemain[17] (21 décembre), le Sénat reconnut Vespasien comme empereur. Vespasien et Titus furent élus consuls pour 70 ; Domitien reçut la préture avec l’imperium consulaire[18]. Peu de temps après[19], Mucien entra dans Rome : il conduisit le prince au milieu des troupes et lui fit adresser une harangue aux soldats[20]. Domitien se présenta aussi au peuple, devant lequel Mucien déclara que le fils de Vespasien gouvernerait jusqu’à l’arrivée de son père[21]. — Le premier janvier 70, Julius Frontinus, préteur urbain, entra en charge, mais bientôt il se retira et Domitien put prendre possession de la préture[22]. Il exerça les droits que lui donnait l’imperium consulaire d’autant plus librement que les deux consuls du premier nundinum de 70 furent Vespasien et Titus, absents de Rome, et que Petillius Cerialis, un des consuls du second nundinum, quitta probablement la ville avant d’entrer en charge[23]. — Le nom de Domitien figura en tête des lettres officielles et des édits[24]. Inconnu six mois auparavant, Domitien devint alors le personnage le plus en vue de Rome. Par suite de l’éloignement de son père et de son frère et du meurtre de Sabinus, il y représentait seul la famille impériale[25]. Tandis que Vespasien et Titus, restés en Orient, avaient laissé les événements suivre leur cours, il s’était vu exposé à de graves dangers qui attiraient sur lui la sympathie. — Des idées ambitieuses s’éveillèrent dans l’esprit de ce jeune homme de dix-huit ans, qui jusque-là avait vécu isolé et pauvre, et n’avait jamais pris aucune part aux affaires publiques. Infatué de sa fortune subite, mal conseillé[26], il se mit en tête de diriger l’État[27], négligeant comme trop mesquins les devoirs que lui imposait sa charge de préteur[28]. Mais les circonstances étaient trop graves pour que le
gouvernement pût lui être abandonné. A Rome, le Sénat manifestait des
volontés d’indépendance ; les troupes vitelliennes devaient être licenciées
ou écartées de l’Italie ; les Flaviens voulaient être récompensés de leur victoire,
et après leur entrée dans Rome, ils s’étaient montrés fort disposés à pilier
la ville ; une grande révolte venait d’éclater sur le Rhin et menaçait de se
répandre dans toute D’ailleurs ni Mucien, ni Vespasien n’auraient souffert que Domitien prit en main la direction de l’État. Mucien se vantait publiquement d’avoir disposé du pouvoir suprême au profit de Vespasien. Pendant l’absence de celui-ci, il voulut être empereur de fait, et Vespasien le lui permit, car il avait toute confiance en son habileté. Il l’autorisa à rendre des décrets, sous la seule réserve qu’il mettrait en tête le nom de l’empereur et lui envoya même son anneau pour en marquer les décisions qu’il publierait[29]. En un mot, l’ancien légat de Syrie sembla pendant plusieurs mois un homme associé à l’empire, plutôt que le ministre de l’empereur[30]. Domitien dut agir sur ses avis et avec son concours[31]. — D’ailleurs Mucien, pour ménager sa vanité, eut la prudence de lui laisser en apparence une certaine initiative. Le jour où Domitien, devenu préteur, lit son entrée au Sénat, il y fut bien accueilli. Il dit sur l’absence de son père et de son frère et sur sa propre jeunesse quelques mots pleins de convenance que la grâce de son maintien faisait valoir : on prit pour de la modestie la rougeur qui couvrait à chaque instant son visage. Il demanda que la mémoire de Galba fût réhabilitée. Mais il refusa de communiquer au Sénat les registres du palais qui auraient fait connaître les délateurs du règne précédent, et déclara que sur une telle affaire, il allait consulter l’empereur[32]. A la séance suivante, il recommanda l’oubli des injures et des haines ; il allégua les nécessités des temps malheureux qui avaient précédé. Mucien soutint le même avis, mais en des termes plus discrets encore[33]. Peu après, une loi présentée par Domitien aux comices révoqua les consulats que Vitellius avait conférés[34]. Dans ces différentes circonstances, le fils de Vespasien, tout en condamnant les actes d’Othon et de Vitellius, chercha à empêcher des représailles qui eussent déshonoré le nouveau règne. D’accord avec Mucien, Domitien s’efforça de régler l’état de la garde prétorienne. Les soldats de ce corps, que Vitellius avait licenciés, demandaient à y reprendre leur place ; les légionnaires, auxquels on avait promis de les admettre dans la garde, voulaient qu’on leur tint parole ; enfin il semblait difficile de renvoyer les prétoriens de Vitellius, sans provoquer des désordres sanglants. Pour se débarrasser de ces derniers, Domitien vint au camp leur offrir des terres. Ils les refusèrent et demandèrent de continuer à servir et à recevoir la paye : c’étaient des prières, mais des prières qui ne souffraient pas de contradiction. On leur laissa donc leur rang de prétoriens, et on ne les congédia ensuite que les uns après les autres, la plupart avec honneur[35]. Il fallait aussi que le gouvernement nouveau fût sûr de la fidélité de ceux qui exerçaient des fonctions publiques. En un seul jour, Mucien et Domitien distribuèrent plus de vingt emplois importants à Rome et dans les provinces ; ce qui fit dire à Vespasien qu’il s’étonnait que son fils ne lui envoyât pas aussi un successeur[36]. Du reste, Domitien fit preuve de quelques qualités. On n’eut, pendant que son père fut absent, aucun reproche de cupidité ou de cruauté à lui faire ; il montra, au contraire, une sensibilité entrée et même ridicule. Suétone prétend que s’étant souvenu de ce vers de Virgile : Impia quam cassis gens est epulata juvencis. il songea à faire un édit pour défendre qu’on immolât des bœufs[37]. Mais, malgré les apparences, Domitien comprenait qu’il jouait nu rôle subalterne, et son orgueil en était blessé. Il protesta par de brusques coups d’autorité contre une situation qu’il regardait comme indigne de lui[38]. Il exerça, dit Suétone (Domitien, 1), le pouvoir du manière si arbitraire que, dès lors, il montra ce qu’il devait être plus tard. Il témoigna une grande malveillance à Mucien et devint l’ami de deux de ses adversaires politiques, Antonius Primus et Arrius Varus[39]. C’était Antonius qui avait vaincu les Vitelliens ; cependant Mucien, malgré de flatteuses promesses, ne lui avait pas permis de prendre une part active au gouvernement[40]. Quant à Varus, il occupait alors la fonction de préfet du prétoire[41] ; compagnon d’armes d’Antonius pendant la guerre civile, dans laquelle il s’était fort distingué, il était, comme son ancien chef, suspect au tout-puissant ami de Vespasien[42]. Mucien lui retira son commandement, mais il ne voulut pas faire un affront trop sensible au fils de l’empereur. Varus reçut la préfecture de l’annone, et son successeur fut un homme très aimé de Domitien, et qui tenait par alliance à la famille impériale, M. Arrecinus Clemens[43]. Ce fut surtout à l’occasion des guerres qui se firent
alors sur le Rhin que Domitien manifesta ses desseins ambitieux et qu’il eut
à subir de pénibles humiliations. — Les Bataves, les Cannénéfates, les
Frisons s’étaient révoltés sous la conduite de Civilis, et les peuples de Au printemps de l’année 70, Petillius Cerialis, parent de
l’empereur, fut envoyé en Germanie et chargé de diriger la guerre contre les
rebelles[44].
Mais le danger semblait si grand qu’il fut décidé que Mucien et Domitien se
rendraient sur les bords du Rhin où des légions furent appelées de Bretagne,
d’Espagne et d’Italie[45]. Le prince
désirait vivement faire cette expédition. Impétueux
d’espérance et de jeunesse, comme dit Tacite, il se promettait des
succès militaires qui lui assureraient une renommée aussi grande que celle de
Bon frère Titus, chargé à cette époque de terminer la guerre de Judée[46]. Quant à Mucien,
il aurait préféré rester à Rome qu’il redoutait de laisser sans maître ; mais
il craignait que Cerialis ne fût pas capable d’étouffer la révolte, et il
voulait accompagner Domitien, dont l’esprit aventureux lui inspirait des
inquiétudes[47].
Jaloux d’exercer sur l’armée une autorité incontestée, il ne permit pas au
jeune César d’emmener avec lui Antonius Primus, son rival[48]. Des nouvelles
heureuses le rassurèrent bientôt et durent augmenter son désir de ne pas
s’éloigner de Rome : la défaite des Lingons par les Séquanes restés fidèles ;
le refus que les députés des peuples de Cependant Mucien et Domitien se mirent enfin en marche[52] et ils arrivèrent au pied des Alpes. Là, ils apprirent que Petillius Cerialis était entré dans Trèves après une grande victoire. Les Lingons et les Trévires avaient fait leur soumission ; l’empire des Gaules n’existait plus. Il fallait encore vaincre sur le Rhin inférieur les Bataves de Civilis, les Germains, ses alliés, et les révoltés gaulois qui s’étaient réfugiés auprès de lui. Cette guerre pouvait être longue et difficile, mais Rome n’avait pas à en craindre l’issue. — Alors Mucien exprima une idée qu’il cachait depuis longtemps, mais qu’il feignit de concevoir tout à coup. Il déclara que, puisque la faveur des dieux avait brisé les forces des ennemis, il siérait peu à Domitien d’aller, quand la guerre était presque achevée, prendre sa part de la gloire d’un autre ; si la stabilité de l’empire et le salut des Gaules étaient menacés, la place d’un César serait sur les champs de bataille, mais il fallait laisser à des chefs moins importants les Cannénéfates et les Bataves. Il devait rester à Lyon, d’où il montrerait de près la force et la fortune du principat, sans se commettre dans de vulgaires dangers, et prêt cependant pour de plus grandes occasions[53]. — Domitien comprit cette ruse, mais les égards qu’il devait à Mucien lui commandaient la dissimulation. On alla donc à Lyon. Tacite dit, sans l’affirmer cependant, que de ce lieu il envoya, en secret, des courriers à Cerialis : il voulait savoir si ce général lui remettrait, en cas qu’il partit, l’almée et le commandement. Cette demande, ajoute l’historien, cachait-elle un projet de guerre contre son père, ou cherchait-il à s’assurer contre son frère des ressources et des forces ? La chose resta incertaine. Il n’est guère probable que Domitien ait eu la folle pensée de renverser Vespasien, mais peut-être prétendait-il, à cette époque, partager le pouvoir impérial avec Titus[54], après la mort de son père qui avait déjà soixante et un ans. — Cerialis, tout en lui répondant en des termes très mesurés, éluda sa demande comme le caprice d’un enfant, et il ne resta plus à Domitien qu’à retourner en Italie[55]. Son séjour à Lyon contribua peut-être à hâter la soumission des rebelles : Josèphe le dit en termes emphatiques dans son Histoire de la guerre de Judée. Voici comment il raconte la campagne du jeune César[56] : A la nouvelle de la révolte, Domitien n’hésita pas, malgré sa jeunesse, à supporter le poids de cette grande guerre : il tenait de son père l’intrépidité, et il avait une expérience supérieure à son âge. Il entreprit donc aussitôt une expédition contre les Barbares. Ceux-ci, informés de son approche, eurent pour et se soumirent ; ils s’estimèrent heureux de reprendre leur ancien joug, sans recevoir de châtiment. Après avoir tout fait rentrer dans l’ordre en Gaule, de manière que de nouveaux troubles y fussent désormais à peu près impossibles, Domitien retourna glorieusement à Rome, ayant accompli des actions qui, par leur éclat, dépassait son âge et étaient dignes de son père[57]. En réalité, cette expédition que le prince avait rêvée si éclatante s’était terminée d’une manière fort mesquine. Loin d’acquérir une renommée militaire, il avait été joué par Mucien, peut-être aussi par Cerialis. En même temps, Domitien s’était fait une fort mauvaise réputation par ses débauches. Pendant l’absence de son père, il séduisit un grand nombre de femmes mariées, entre autres Domitia, la fille de l’illustre Corbulon, vainqueur des Parthes. Quoiqu’elle fût déjà mariée à L. Ælius Lamia Plautius Ælianus, il l’épousa[58]. Vespasien, qui était resté en Égypte, fut informé de la conduite de son second fils : l’ambition déplacée de Domitien, ses différends avec Mucien, ses désordres lui déplurent fort[59]. — Tacite prétend même[60] qu’il se montra si mécontent que Titus, au moment où il quitta l’empereur pour aller achever la guerre juive, crut devoir intercéder en faveur de son frère. Il supplia Vespasien de ne pas s’irriter sur la foi de vagués accusations et de montrer envers son fils un esprit libre et indulgent. Ni légions, ni flottes, disait-il, ne sont d’aussi formes soutiens du pouvoir suprême que le nombre des enfants... Le sang forme des liens indissolubles, surtout entre les princes : si d’autres peuvent jouir de leur prospérité, c’est leur famille qui ressent leurs disgrâces. La concorde ne pourra durer entre les frères, si un père n’en donne l’exemple. L’empereur moins adouci en faveur de Domitien que charmé de l’affection fraternelle de Titus, lui dit de se rassurer et d’illustrer l’État par les armes ; que lui-même s’occuperait des soins de la paix et de sa propre maison. — L’entretien dont parle Tacite ayant été secret, son récit mérite évidemment fort peu de confiance. Il a voulu mettre en opposition, comme il le fit probablement dans le reste de ses Histoires[61], et comme le firent aussi Suétone et Dion Cassius, la générosité de Titus et la perversité de Domitien. Quoi qu’il en soit, Domitien savait si bien que son père était irrité contre lui, que, prévoyant le retour prochain de l’empereur, il agit avec plus de prudence après son expédition des Gaules. Autant par blessure d’amour-propre que par crainte d’une disgrâce complète, il renonça tout à fait aux occupations du gouvernement[62]. Il se donna les apparences de la simplicité et de la modestie et affecta le goût des lettres[63]. — Quand Vespasien revint en Italie, au mois d’octobre[64], il mit peu d’empressement à se présenter devant lui, craignant des reproches trop mérités. Mucien et d’autres personnages importants allèrent à sa rencontre jusqu’au port de Brindes ; Domitien ne dépassa pas Bénévent[65]. L’empereur, rentré à Rome, dirigea dès lors les affaires publiques. Il ne put ni ne voulut donner à ses deux fils le même rang dans l’État. Titus, né en 40 ou 41, était un homme fait. Doué d’une intelligence remarquable, d’une mémoire extraordinaire, il avait reçu dans sa jeunesse une éducation soignée. Il avait rendu et continuait à rendre d’importants services à son père. C’était par affection pour lui que Mucien s’était déclaré en faveur de Vespasien ; chargé de diriger la guerre de Judée, il illustra le nouveau règne et l’affermit par la prisé de Jérusalem, au mois de septembre 70. Ses dehors brillants, sa gloire militaire, des prophéties connues de tous, lui donnaient un grand prestige aux yeux du peuple et des soldats. Ambitieux d’ailleurs, il aurait peut-être enlevé le pouvoir à son père, si celui-ci ne s’était décidé à le partager avec lui. Par reconnaissance et par intérêt, Vespasien devait associer son fils aîné à l’empire. Titus reçut la puissance tribunitienne, qu’il exerça à partir du 1er juillet 71, l’imperium proconsulaire, le droit de s’attribuer les salutations impériales, il prit le nom d’imperator. Il exerça le consulat en même temps que Vespasien depuis l’année 72 ; en 73-74, il fut censeur avec lui. Il participa non seulement aux honneurs suprêmes, mais aussi au gouvernement de l’État, eut le commandement de la garde prétorienne, présenta des propositions législatives au Sénat, dicta des lettres officielles, rédigea des édits au nom de son père. Il fut, dit Suétone (Titus, 6), l’associé, plus encore, le tuteur de l’empire. — Domitien, au contraire, n’avait pas encore vingt ans quand Vespasien revint en Italie. Depuis la mort de Vitellius, il s’était signalé surtout par son orgueil, son humeur brouillonne et ses vices. Les soldats le connaissaient seulement par son expédition manquée de Gaule : il n’avait jamais paru sur un champ de bataille. Vespasien ne pouvait donc songer à faire de lui l’égal de Titus, qui, du reste, ne l’aurait probablement pas souffert. Il faut ajouter que la constitution impériale ne permettait pas au prince d’avoir plus d’un associé dans l’exercice de la puissance tribunitienne[66]. Il ne lui accorda aucun des titres qui indiquaient l’association à l’empire. Comme il se défiait de lui et voulait en l’humiliant le punir de sa conduite passée[67], il ne lui permit pas de prendre une part active aux affaires publiques. De 70 à 79, Domitien n’exerça aucun commandement militaire, malgré son vif désir de se montrer aux légions ; à Rome même, il fut écarté de toute fonction administrative : l’empereur le chargea seulement quelquefois de porter au Sénat ses messages[68]. D’ordinaire il dut habiter avec son père qui désirait le surveiller de près[69]. Mais, d’un autre côté, Vespasien se préoccupa toujours d’assurer l’empire à sa famille. Suétone dit que, malgré de nombreuses conspirations dirigées contre lui, il osa déclarer au Sénat qu’il aurait pour successeurs ses fils ou personne[70]. Titus n’ayant pas d’enfant mâle, c’était Domitien qui, dans sa pensée, devait succéder à son fils aîné. Il voulut, en lui accordant des honneurs extraordinaires, faire de lui le troisième personnage de l’État, le placer au-dessus de tous les particuliers, et accoutumer les Romains à le considérer comme leur futur maître. Domitien eut le titre de prince de la jeunesse[71]. Comme Titus, il fut de tous les grands collèges religieux[72]. De même que lui, il reçut, en 72, le droit de faire frapper par le Sénat des monnaies de bronze à son effigie[73], et en 74 celui de battre monnaie en or et en argent[74]. Il put porter la couronne de laurier[75]. Sur les monuments publics son nom fut gravé à côté do ceux de Vespasien et de Titus[76]. Six fois, pendant le règne de son père, il devint consul[77]. Son premier consulat[78] ne fut pas un consulat ordinaire. Le 1er janvier 71, Vespasien et M. Cocceius Nerva entrèrent en charge[79]. Ce fut le 1er mars[80] que Domitien devint consul, d’abord avec Cn. Pedius Cascus[81], puis avec C. Calpetanus Rantius Quirinalis Valerius Festus[82]. Il sortit de charge le 30 juin[83]. Dès l’année 71, il apparaît sur des monnaies comme désigné à un deuxième consulat[84] qui devait être suffect, car avant le 5 avril de cette même année, Vespasien et Titus avaient été désignés pour les deux consulats ordinaires de 72[85]. — Comme il eût été irrégulier de conférer dès 71 un consulat pour 73, il est assez probable que Domitien devait entrer en charge on 72, soit dans le premier nundinum comme suppléant d’un consul ordinaire qui se serait retiré avant le terme légal de sa charge, soit dans un des nundina suivants. Il ne fut cependant consul pour la seconde fois que le 1er janvier 73[86]. Suétone nous en donne la raison : Des six consulats qu’il reçut du vivant de son père, il n’en exerça qu’un ordinaire, parce que Titus lui céda la place et demanda pour lui cet honneur[87]. Vespasien attachait une grande importance au consulat, sans doute à cause de l’éponymie[88] ; pendant son règne, il exerça tous les ans cette magistrature, sauf quand des circonstances particulières l’en empêchèrent[89]. D’autre part, Titus, associé à l’empire en 71, géra dès lors le consulat en même temps que son père[90]. En vertu de ces principes, Vespasien et son fils aîné devaient être consuls le fer janvier 73, et comme à cette époque les élections aux consulats ordinaires se faisaient vers le début de l’année précédente (avant le 5 avril en 71), ils devaient être désignés au commencement de 72. Ce fut aux comices qui eurent lieu à cette époque que Titus dut faire abandon de son droit en faveur de son frère, qui fut désigné par le Sénat comme consul ordinaire pour 73. La renonciation de Titus entraîna celle de Vespasien[91] et Catullus Messalinus fut élu comme collègue du second fils de l’empereur. — Quand les comices furent tenus, Domitien n’était pas encore entré en charge[92], et une fois élu pour 73, il renonça à prendre les faisceaux en 72, parce qu’il ne pouvait être en même temps désigné à deux consulats, et que le consulat ordinaire qu’on lui cédait était beaucoup plus estimé qu’un consulat suffect : en outre Titus ne voulait peut-être pas voir son frère cadet compter autant de consulats que lui. — Ainsi Domitien resta consul designatus II pendant une partie de 71 et pendant toute l’année 72[93], d’abord comme suffect pour 72, puis comme ordinaire pour 73. Domitien ne fut pas consul en 74, probablement aussi pour ne pas atteindre le chiffre des consulats de Titus. Son troisième consulat se place en 75[94] et son quatrième en 76[95]. En 77, il fut consul pour la cinquième fois[96] : le 1er janvier, Vespasien et Titus entrèrent en charge[97] ; quelque temps après, peut-être aux ides du même mois, Titus se retira pour laisser la place è son frère qui devint ainsi collègue de l’empereur pendant le premier nundinum[98]. Domitien ne fut point consul en 78 ; Vespasien et Titus
renoncèrent aussi aux faisceaux cette année-là[99], pour des raisons
que nous ne connaissons pas. — En 79, il le fut pour la sixième fois[100]. Pour 80, il
fut probablement désigné comme suffect avant la mort de son père, survenue le
En résumé, Domitien fut six fois consul sous Vespasien. II le fut dès que son âge le lui permit, en 71. Sous la dynastie julioclaudienne, les jeunes gens auxquels les empereurs destinaient leur succession ne reçurent pas le consulat avant l’Aga de vingt ans ; les autres membres de la famille impériale, lorsqu’ils avaient atteint cet fige, ne pouvaient pas obtenir une charge supérieure à la questure[102]. Domitien fut donc traité à cet égard, non comme un simple prince du sang, mais comme un véritable héritier de l’empire. En 73, par une faveur spéciale, il exerça le consulat dès le premier janvier. A partir de 75, il reçut chaque année les faisceaux, sauf en 78 ; mais comme Vespasien et Titus devaient être tous les ans consuls ordinaires, ainsi que nous l’avons vu plus haut, il ne resta pour Domitien que des consulats suffects. Cependant, pour atténuer cette déchéance inévitable, l’empereur décida, semble-t-il, que son second fils serait suffect, non pas dans le second ou le troisième nundinum, mais dans le premier, ce qui était plus honorable[103]. En 75 et dans les années suivantes, un des deux consuls ordinaires, soit Vespasien, soit Titus, parait s’être retiré avant le terme légal de sa magistrature pour faire place à Domitien[104]. — L’histoire des six premiers consulats de ce prince prouve donc que son père voulut lui donner un rang exceptionnel dans l’État, immédiatement au-dessous de lui-même et de Titus, Malgré tous ces honneurs, Domitien considérait la conduite de l’empereur envers lui comme injuste. Dans son orgueil, il était blessé d’être l’inférieur de son frère, d’autant plus que cette infériorité éclatait aux yeux de tous. Au triomphe juif, auquel Titus par vanité donna une magnificence inouïe, Vespasien et Titus s’avançaient sur deux chars ; Domitien, alors consul, les suivait à cheval[105]. Quand l’empereur et ses fils se montraient au peuple, Vespasien et Titus étaient portés sur un siège ; Domitien venait derrière eux en litière[106]. Dans les voeux publics, son nom n’était pas prononcé en même temps que ceux de son père et de son frère[107]. Sur les monuments, Titus pouvait se qualifier : Imperator Titus Caesar Vespasianus, Augusti filius, imperator n, pontifex, tribunicia potestate n, consul n ; tandis que Domitien était appelé seulement : Caesar, Augusti ftlius, Domitianus consul n, pontifex ou princeps juventutis[108]. D’un esprit actif, turbulent même, il était condamné à l’oisiveté. Il voulut plusieurs fois s’y soustraire. Vologèse, roi des Parthes, avait prié Vespasien de lui envoyer, pour le soutenir contre les Alains, une armée commandée par un de ses fils[109]. Domitien fit tout ce qu’il put pour être chargé de cette expédition, mais l’empereur repoussa la demande de Vologèse. Le jeune César voulut alors par des dons et des promesses décider les autres rois de l’Orient à adresser la même prière à Vespasien, mais ses intrigues restèrent sans succès[110]. A s’ennuyait fort et cherchait de bizarres distractions ; ce fut alors qu’il prit l’habitude, mentionnée par plusieurs auteurs, de passer de longues heures à percer des mouches avec un poinçon[111] : je donne ici cette anecdote pour ce qu’elle vaut. — Son caractère s’aigrit. N’osant témoigner son humeur à Vespasien lui-même ou à Titus, il se vengea sur Caenis, la maîtresse de l’empereur, qui la traitait presque comme une femme légitime[112]. Un jour, Caenis retournant de voyage vint à Domitien pour l’embrasser : il se recula et lui offrit la main[113]. Cependant il comprit bien qu’il ne pourrait rien contre
son père et son frère, et qu’il serait au contraire très facile à Vespasien,
prévenu contre lui, de le traiter avec plus de rigueur. Aussi feignit-il la
soumission[114].
— Dans la retraite, il compléta son instruction négligée jusque-là[115]. Quoiqu’il
n’eût aucun goût pour la poésie, il composa des vers[116], dont
Quintilien fit, plus tard, un éloge ridiculement exagéré : Je n’ai nommé, dit-il dans son Institution
oratoire[117],
tous ces écrivains (les poètes épiques les plus
illustres de Quand Vespasien mourut, le La situation politique de Domitien ne changea pas, il est vrai. Il conserva ses titres, ses honneurs, continua à battre monnaie[122] ; il fut consul pour la septième fois en 80[123], et ce fut un consulat ordinaire : il remplaça tout naturellement Vespasien dont il était le suppléant désigné. Son nom fut désormais prononcé dans les vœux publics[124]. Mais Titus ne lui laissa prendre aucune part aux affaires de l’État. Il ne lui fit conférer ni l’imperium proconsulaire, ni la puissance tribunitienne ; il ne lui permit pas de porter le nom d’Imperator[125]. — En agissant ainsi, il ne se conforma probable-ment pas aux desseins de son père. Vespasien avait voulu que Domitien succédât à son frère aîné : dans cette pensée, il l’avait élevé au-dessus de tous les particuliers. Il ne put lui accorder les titres qui, en fait, équivalaient presque à une désignation au pou-voir suprême ; mais il espérait sans doute que quand Titus serait empereur à son tour, Domitien les recevrait. Celui-ci n’eut peut-être pas tort do dire que son père l’avait désigné comme associé au pouvoir impérial, mais qu’on avait falsifié le testament[126]. Il ne semble pas cependant que Titus ait songé à écarter Domitien de l’empire. Dès le premier jour de son règne, il le déclara son associé et son successeur, et il maintint cette déclaration, malgré l’attitude hostile de Domitien[127]. Il lui proposa même d’épouser sa fille unique Julie[128]. Mais, jaloux de son autorité et inquiet de l’ambition impatiente de son frère, il ne voulut pas lui donner dans l’État un rang trop rapproché du sien. On peut observer aussi[129] que Titus se montra très soucieux pendant son règne de ne pas porter atteinte aux prérogatives du Sénat. Or, en s’associant Domitien, il aurait semblé vouloir limiter par avance, du moins en fait, le droit qui appartenait au Sénat de choisir librement son successeur après sa mort. Domitien fut fort irrité de la conduite de Titus à son égard, et il manifesta son mécontentement avec beaucoup moins de réserve que sous son père. Une vive discorde éclata entre l’empereur et lui. Sachant que Titus à son avènement était impopulaire, il aurait songé à offrir aux soldats, après la mort de Vespasien, un donativum double de celui que leur donna son frère aîné, afin qu’ils le proclamassent[130]. A plusieurs reprises, il fut mêlé à des intrigues et à des conspirations ; il chercha presque ouvertement à soulever les armées et à s’enfuir de Rome[131]. Ne voulant pas se séparer de Domitia, fille de Corbulon, il refusa d’épouser Julie, et après que cette princesse se fut mariée à T. Flavius Sabinus, fils du frère de Vespasien[132], il en fit sa maîtresse du vivant même de Titus[133]. De son côté, Titus frappa de disgrâce les amis de Domitien[134]. Il donna en 80 le consulat à L. Aelius Lamia Plautius Aelianus[135] : c’était en quelque sorte une réparation de l’outrage fait à ce personnage par Domitien, qui lui avait jadis pris sa femme[136]. T. Flavius Sabinus, cousin et gendre de l’empereur[137], fut désigné consul pour l’année 82[138]. Peut-être Titus traita-t-il Sabinus avec une considération toute particulière. Il est peu probable cependant qu’il lui ait destiné sa succession ; mais il désirait sans doute inspirer cette crainte à Domitien, espérant ainsi le rendre plus soumis. Domitien, nous le savons par Suétone, se montra fort jaloux de Sabinus. Indigné de voir que le gendre de l’empereur eut des serviteurs habillés de blanc (c’était la livrée impériale)[139], il s’écria un jour, en citant Hombre : Le gouvernement de plusieurs chefs n’est pas bon[140]. Mais, dit Suétone (Titus, 9), Titus ne put se résoudre ni à mettre à mort son frère, ni à l’écarter de lui, ni même à le traiter avec moins de considération qu’auparavant. Quelquefois même, il le prenait en particulier et le suppliait en pleurant de consentir enfin à payer son affection de retour. Selon Dion Cassius (LXVI, 26), citant quelques auteurs dont il partage l’avis, il se serait repenti de cette indulgence au moment d’expirer. La faute mystérieuse qu’il se reprocha alors aurait été sa condescendance pour Domitien qu’il laissait maître de l’empire romain, tandis qu’il aurait dû le faire périr. Il faut d’ailleurs se méfier de ce que Dion Cassius et même Suétone, auteurs extrêmement favorables à Titus, nous disent au sujet des relations des deux frères : ils ne rapportent que des faits d’un caractère fort intime sur lesquels la vérité était difficile à savoir. Cependant leur désaccord était connu de tout le monde : aussi prétendit-on, après la mort de Titus, que son frère l’avait empoisonné[141]. C’était une calomnie : l’empereur mourut de la fièvre[142] et du mauvais régime qu’il suivait[143] ; mais la conduite que Domitien tint alors contribua à répandre des bruits fâcheux pour sa réputation. Titus était encore en vie, lorsque Domitien qui se trouvait
auprès de lui à Cutilies, non loin de Réate, en Sabine, partit pour Rome à
cheval. Il se rendit au camp des prétoriens et se fit saluer empereur par les
soldats auxquels il distribua une somme égale à celle qu’ils avaient reçue de
Titus après la mort de Vespasien ( |
[1] Nulle part on ne trouve le nom complet de Domitien. C’est par une conjecture probablement inexacte, car elle est contraire à l’usage, que Franz a restitué dans une inscription grecque (C. I. G., n° 5043) : [Τ. Φλα. Δ]ομιτιανοϋ. Mais ceux qui, sous les trois empereurs flaviens, reçurent la droit de cité par bienfait du prince s’appelèrent tous T. Flavius (voir en particulier Kaibel, Inscriptiones graecae Sicilias et Italiae, n° 746 ; cf. Friœdlander, Sittengeschichte Roms, II, 61 édit., p. 634), ce qui prouve que Domitien avait pour prénom Titus, comme son père et son frère.
[2] Suétone, Domitien,
1: Natus est IX kal. novemb. Cf. C. I.
L., X, 444. Dion Cassius (LXVII, 18) dit que Domitien vécut quarante-quatre
ans, dix mois, vingt-six jours. Or il mourut le
[3] Suétone, Domitien, 1. Martial, IX, 20. Voir chapitre IV.
[4] Suétone, loc. cit. — Il fut consul du 1er novembre au 31 décembre (Suétone, Vespasien, 4).
[5] Elle mourut en tout cas avant 69 (Suétone, Vespasien, 3).
[6] Suétone, Vespasien, 4.
[7] Titus naquit le
[8] Suétone, Titus, 2 et 4. Tacite, Histoires, II, 77.
[9] Vespasien se trouva dans de grands embarras pécuniaires après son proconsulat d’Afrique (Suétone, Vespasien, 4. Tacite, Hist., III, 65).
[10] Suétone, Domitien, 1 : Pubertatis ac primae adulescentiae tempus tanta inopia tantaque infamia gessisse fortur, ut nullum argenteum uas in usu haberet; satisque constat Clodium Pollionem praetorium virum... chirographum eius conseruasse et nonnumquam protulisse noctem sibi pollicentis; nec defuerunt qui affirmarent, corruptum Domitianum et a Nerua successore mox suo. (Il passa, dit-on, son enfance et sa première jeunesse dans un tel état d’indigence et d’opprobre qu’il ne possédait pas même un vase d’argent. On sait que Clodius Pollion, l’ancien préteur... avait conservé et montrait quelquefois un billet de Domitien qui lui promettait une nuit. Quelques personnes prétendent qu’il eut le même commerce avec Nerva son successeur.) — Il faut remarquer que Suétone est fort peu affirmatif : Fortur, satin constat, nec defuerunt qui affirmarent (dit-on, on sait que, quelques personnes prétendent). — Voir encore Juvénal, Satires, IV, 105, et le scoliaste (édition Jahn-Bücheler).
[11] Tacite, Hist., III, 59.
[12] Tacite, Hist., III, 69. Suétone, Domitien, 1. Dion Cassius, LXV, 17. Josèphe, Guerre de Judée, IV, II, 4.
[13] Tacite, Hist., III, 74. Suétone, Domitien, 1. Les deux récits diffèrent un peu. Selon Suétone, Domitien se serait réfugié au delà du Tibre, chez la mère d’un de ses condisciples. Voir encore Dion Cassius, LXV, 17. — Plus tard, les flatteurs de Domitien rappelèrent fréquemment cet épisode. Stace, Thébaïde, I, 21 :
Defensa
prius vix pubescontibus annis
bella
Jovis.
Silves, 1, 1, 79 :
Tu
bella Jovis, tu practia Rheni...
longo
marte domas.
Silius Italicus, Punica, III, 609 [Prophétie de Jupiter] :
Nec
te terruerini Tarpeil oulminis ignes
sacrilogas
inter flammas servabere terris.
Martial, IX, 101, 13 :
Adseruit
possessa malla Palatin regnis
prima
suo gessit pro Jove balla puer.
Pour Josèphe (Guerre de Judée, IV, 11, 4), le salut de Domitien fut l’effet d’un miracle : δαιμονιώτερον διασώζεται — Domitien lui-même fit un poème sur la guerre du Capitole (voir plus loin), et témoigna sa reconnaissance à Jupiter Costes en lui élevant, à la place où était auparavant le logement du gardien, une chapelle, puis un temple (voir chapitre IV).
[14] Il faut observer pourtant que la chronologie de ces événements n’est pas connue d’une manière certaine. Vitellius fut peut-être tué le 23 décembre. Voir Lenain de Tillemont, Histoire des Empereurs, I, p. 622.