HISTOIRE L’ÉLOQUENCE ROMAINE

 

Éloge funèbre dit de Murdia

 

 

Mvrdiae L. F. matris . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Sed propriis viribvs adlevent cetera, quo firmiora probabiblioraque sint. Omnes filios aeqve fecit heredes, partitione filiae data ; amor maternvs caritate libervm, aeqvalitate partivm constat. Vire certam pecvniam legavit, vt ivs dotis honore ivdici avgeretvr. Mihi revocata memoria patris, eaqve in consilium et fide sva adhibita, aestimatione facta, certas res testamento praelegavit, neque ea mente quo me fratribvs meis cvm eorvm aliqva contvmelia praeferret, sed memor liberalitatis patris mei, reddenda mihi statvit, quae ivdicio viri svi es patrimonio meo cepisset, vt ea ivssv svo cvstodita proprietati meae restitverentvr. Constitit ergo in hoc sibi ipsa vt a parentibus dignis viris data matrimonio obseqvio, probitate retineret, nvpta meriteis gratior fieret, fide carior haberetvr, ivdicio ornatior relinqveretvr, post decessvm consensv civivm lavdaretvr. Quom discriptio partivm habeat gratvm fidvmque animvm, in viros aeqvalitatem, in liberos ivstitiam, in veritate ; qvibvs de cavsis qvom omnium bonarvm feminarvm simplex similisque esse lavdatio soleat, quod natvralia bona propria cvstodia servata varietates verborvm non desiderant, satisque sit eadem omnes bona fama digna fecisse, et qvia adqvirere novas laudes mvlieri sit ardvom, qvom minoribvs varictatibvs vita iactetvr, necessario commvnia esse colenda, ne qvod amissvm ex ivstis praecepteis cetera tvrpet, eo maicrem lavdem omnivm carissima mihi mater mervit, qvod modestia, probitate, pvdicitia, obseqvio, lanificio, diligentia, fide par similisque cetereis probeis feminis fvit, neqve vlli cessit virtvtis, laboris, sapientiæ (lavde)... praecipvam avt certe...

 

Traduction française.

. . . . . De Murdia, fille de Lucius, ma mère . . . . . . . . . .

... Mais qu’ils soient naturellement adoucis partout le reste plus solide .et plus digne encore d’approbation (?). Elle a divisé également son héritage entre tous ses fils et en a laissé une part à sa fille. Son amour maternel est démontré par sa tendresse pour ses enfants et par l’égalité de ce partage. A son mari elle a légué une somme déterminée pour qu’a son droit sur sa dot s’ajoutât l’honneur clé ce jugement, Quant à moi, après avoir rappelé la mémoire de mon père, l’avoir consultée, et s’être inspirée de sa propre droiture, après avoir fait une juste estimation, elle m’a légué par préciput des biens déterminés, non dans le but de me préférer âmes frères d’une manière injurieuse pour eux, mais se souvenant de la libéralité de mon père à son égard, elle a décidé de me rendre ce que, d’après le jugement de son mari, elle avait prélevé sur mon patrimoine, afin que ces biens gardés par son ordre fussent restitués à mon avoir. Elle a donc été d’accord avec elle-même, en ce que donnée en mariage par ses parents à des époux honorables, elle s’est attachée ceux-ci par sa soumission et sa probité ; elle s’est appliquée à ce que mariée ses bons offices la rendissent plus agréable, sa fidélité plus chère, que l’estime qu’on lui accorderait la laissât plus honorée, et que morte ses concitoyens la célébrassent d’une voix unanime. Le partage égal prouve la reconnaissance et la fidélité de son âme, son égalité vis-à-vis de ses maris, sa justice envers ses enfants....

Pour ces raisons, comme l’éloge de toutes les femmes de bien est simple et semblable, que les qualités naturelles conservées par elles soigneusement n’ont pas besoin d’expressions variées, comme il suffit que toutes aient fait les mêmes actes louables, qu’il est difficile aux femmes d’acquérir des gloires nouvelles, comme leur vie est soumise à de moindres vicissitudes, et qu’il leur faut nécessairement pratiquer les devoirs communs à toutes, de peur que l’omission d’une de ces justes prescriptions ne fasse tort au reste, la plus chère de toutes les femmes, ma mère, a mérité une gloire d’autant plus grande que, par sa modestie, sa probité, sa pudeur, sa complaisance, son assiduité à filer la laine, son activité, sa fidélité, elle a été égale et semblable à toutes les femmes honnêtes, elle n’a cédé à aucune en vertu, en travail, en sagesse... mais sa principale gloire ou assurément....[1]

 

 

 



[1] Orelli, Inscriptionem latinarum amplissima collectio, n° 1860. — Egger, Reliquiae, p. 322.