PAR VICTOR CUCHEVAL - 1893
PRÉFACECHAPITRE PREMIER — L’ÉLOQUENCE À ROME SOUS LE TRIUMVIRATL’édit de proscription. - Le discours d’Hortensia. - Deux éloges funèbres.CHAPITRE II — L’EMPEREUR AUGUSTE ORATEURCaractères de l’éloquence d’Auguste. - Éloges funèbres. - Harangues militaires. - Discours au peuple. - Édits. - Son éloquence au sénat.CHAPITRE III — AUGUSTE ÉCRIVAINOuvrages divers d’Auguste. - Ses mémoires. - Ses poésies. - Correspondance politique avec Antoine. - Correspondance privée avec sa famille. - Lettres à Tibère. - Lettres à Horace. - Testament politique d’Auguste ou monument d’Ancyre.CHAPITRE IV — ORATEURS CONTEMPORAINS D’AUGUSTE - IM. Vipsanius Agrippa. - C. Cilnius Maecenas. - Quintus Ælius Tubéro. - Cornelius Gallus. - Lucius Munatius Plancus.CHAPITRE V — ORATEURS CONTEMPORAINS D’AUGUSTE - IIC. Asinius Pollion. - Son rôle politique. - Rapports avec Virgile et Horace. - Son éloquence. - Œuvres historiques et poétiques. -Jugements sur divers écrivains. - La patavinité de Tite-Live. - Pollion et les écoles des rhéteurs.CHAPITRE VI — ORATEURS CONTEMPORAINS D’AUGUSTE - IIIM. Valerius Messala Corvinus. - L. Manlius Torquatus. - Quintus Dellius. - Transition entre l’ancienne école d’éloquence et la nouvelle. - Titus Labienus.CHAPITRE VII — LA NOUVELLE ÉLOQUENCE. - CASSIUS SEVERUSLes caractères de la nouvelle éloquence. - Le Dialogue des orateurs. - Aper et Maternus. - Cassius Severus et la nouvelle école. - Éloquence de Cassius Severus. - Son esprit caustique au forum et dans les écoles des rhéteurs. - Une déclamation de Cassius Severus. - Sa mort en exil.CHAPITRE VIII — LES ÉCOLES DES RHÉTEURS - ILes écoles des rhéteurs depuis leur origine à Rome. - Les écoles sous le principat d’Auguste. - Accusations portées contre elles. - Le bien qu’on en peut dire.CHAPITRE IX — LES ÉCOLES DES RHÉTEURS - IIEnseignement donné dans les écoles. - Devoirs des élèves. - Intervention des maîtres et des auditeurs. - Émulation de tous. - Justification partielle des sujets de controverses. - Les Apollodoriens et les Théodoriens. - Les divisions dans les controverses. - Les couleurs, leur grand danger. - Le style. - Conclusion sur les écoles des rhéteurs.CHAPITRE X — LES ÉCOLES DES RHÉTEURS - IIILes maîtres. - Sénèque le Père, historien des rhéteurs. - Le tetradeum ou quadrivirat. - Porcius Latro, un de ses discours, - Fuscus Arellius. - Junius Gallio. - C. Albucius Silus. - Une controverse composée par Ovide écolier.CHAPITRE XI — TIBÈRE ORATEURTibère pendant le règne d’Auguste. - Tibère empereur. - Discours, lettres édits. - Caractère de son éloquence.CHAPITRE XII. — L’ÉLOQUENCE AU SÉNAT SOUS LE RÈGNE DE TIBÈRELe sénat réduit à l’adulation. - Asinius Gallus, fils d’Asinius Pollion. - Mamercus Scaurus. - Junius Othon. - Valerius Messalinus Cotta, fils de Valerius Messala. – Quintus Haterius. - L. Arruntius. - Montanus. - Votiénus. - Lucius Calpurnius Pison.CHAPITRE XIII — LES DÉLATEURS SOUS TIBÉRELes accusateurs au temps de la République. - Les délateurs sous l’empire. Les profits et les dangers du métier. - Domitius Afer, délateur. - Domitius Afer au barreau. - Son ouvrage sur les Témoins. - Ses bons mots. - Son éloquence.CHAPITRE XIV — L’ÉLOQUENCE IMPÉRIALE. - CALIGULA. - CLAUDE.Caligula, orateur. - Ses jugements en littérature. - Jeunesse de Claude. - Son instruction variée. - Il ajoute trois lettres à l’alphabet. - Écrits historiques. - Son éloquence. - Discours relatif aux sénateurs gaulois. - Table de Lyon. - Même discours dans Tacite.CHAPITRE XV — SÉNÈQUE LE PHILOSOPHE.L. Annaeus Sénèque. - Sénèque, orateur. - Discours consolatoires (consolationes) de Sénèque. - 1° À Marcia. - 2° À Helvia. - 3° À l’affranchi Polybe. - Sénatus-consulte en l’honneur de l’affranchi Pallas.CHAPITRE XVI — L’ÉLOQUENCE À ROME SOUS LE RÈGNE DE CLAUDELe délateur Publius Suilius. - Réveil de la loi Cincia. - Deux avocats honnêtes : Crispus Passienus ; Julius Africanus.CHAPITRE XVII — L’ÉLOQUENCE SOUS LE RÈGNE DE NÉRONNéron orateur. - L’inscription d’Acraephiae en Béotie. - Discours aux jeux Isthmiques. - Néron, poète. - Les délateurs : Cossutianus Capito. - Caïus Eprius Marcellus.CHAPITRE XVIII — L’ÉLOQUENCE SOUS LES SUCCESSEURS DE NÉRONLe sénat de Vespasien. - Le sénatus-consulte en faveur de Vespasien. - L’orateur Galerius Trachalus. - Quintilien avocat. - L’Institution oratoire.CHAPITRE XIX — L’ÉLOQUENCE SOUS LES EMPEREURS.Les interlocuteurs du Dialogue sur les orateurs. - Marcus Aper. - Curiatius Maternus. - Vipstanus Messala. - Julius Secundus. - L’empereur Domitien. - Le délateur Vibius Crispus.CHAPITRE XX — LES DÉLATEURS SOUS LE RÈGNE DE DOMITIENPalfurius Sura. - Metius Carus. - Fabricius Veiento. - Catullus Messalinus. - Montanus. – Marcus Aquilius Regulus.CHAPITRE XXI — AVOCATS ET ORATEURS DE LA FIN DU Ier SIÈCLE - ISalvius Liberalis. - Pompeius Saturninus. - Cornelius. Tacite, avocat et orateur au sénat.CHAPITRE XXII — AVOCATS ET ORATEURS DE LA FIN DU Ier SIÈCLE - IIPline le Jeune. - Sa biographie. - Pline avocat dans les causes civiles et centumviralesCHAPITRE XXIII — PLINE LE JEUNE DANS LES CAUSES PUBLIQUES DEVANT LE SÉNAT.Procès de la Bétique contre Bebius Massa. - Accusation contre Publicius Certus. - Procès de la province d’Afrique contre Marius. Priscus : Deuxième procès de la Bétique contre Cæcilius Classicus. - Procès des Bithyniens centre Julius Bassus. - Deuxième procès des Bithyniens contre Pomponius Rufus VarenusCHAPITRE XXIV — PLINE LE JEUNE, ORATEUR POLITIQUE.Panégyrique de Trajan. - Le plan. - Le style. - Le côté politique du discours. - L’adoption dans la famille impériale. - Autres écrits. - Biographie de Vestricius Cottius. - Poésies. - Libéralité de Pline attestée par les inscriptions.CONCLUSIONPRÉFACEL’Histoire de l’éloquence romaine depuis la mort de Cicéron jusqu’à l’avènement de l’empereur Hadrien, que nous publions aujourd’hui, fait suite à notre Histoire de l’éloquence latine depuis l’origine de Rome jusqu’à Cicéron[1] et elle en est la conclusion. Entre les deux ouvrages, il reste une lacune que nous essayerons de combler plus tard par un volume sur Cicéron et sur l’éloquence de son temps. On aura ainsi une histoire complète de l’éloquence romaine, comprenant les premiers efforts d’un art qui commence, son apogée et sa perfection avec Cicéron, enfin les phases successives de sa décadence jusqu’au moment où il cesse d’offrir un intérêt suffisant à la curiosité des lettrés. Dans cet intervalle d’un siècle et demi, entre l’époque du triumvirat et la fin du règne de Trajan, l’éloquence continue d’être étudiée et pratiquée avec ardeur. Tous, empereurs et simples particuliers, avocats, rhéteurs, délateurs s’y livrent passionnément. Le champ de l’éloquence a beau s’être rétréci par lai disparition de l’éloquence politique, le nombre des orateurs ne cesse pas de se multiplier. Malheureusement, les œuvres oratoires ont disparu pour la plupart. Il nous a donc fallu réunir les témoignages divers que présentent les biographies des empereurs, les livres des rhéteurs, les ouvrages de rhétorique, rassembler les courts fragments d’éloquence, épars ça et là, interroger les inscriptions, et reconstituer patiemment les portraits d’orateurs souvent célèbres, dont le nom seul semblait avoir été conservé[2]. Le chapitre Ier examine les conditions nouvelles oit se trouve l’éloquence romaine à la’ suite dés proscriptions du triumvirat et de l’établissement du régime impérial. L’édit de proscription des triumvirs, le discours d’Hortensia pour les dames romaines, des éloges funèbres négligés jusqu’à ce jour ou complétés par des découvertes récentes, .permettent de juger l’éloquence de cette période tourmentée. L’étude que nous avons consacrée à l’éloquence impériale comprend les membres de la famille d’Auguste qui ont régné depuis ce prince jusqu’à Néron. Nous avons passé en revue les édits, les lettres, les discours, lits fragments de toute sorte qui ont échappé aux injures du temps. Nous nous sommes appuyé principalement sur les ouvrages de Suétone, de Tacite et des deux Sénèque, en confirmant à l’aide des histoires politiques les indications fournies par les ouvrages des contemporains. Après l’éloquence impériale, l’examen des derniers orateurs appartenant à l’école de Cicéron, des Asinius Pollion et des Messala, pour ne citer que lés principaux, nous a conduit à l’époque on commence avec Cassius Severus ce que les rhéteurs appellent la nouvelle éloquence. Nous avons recherché en quoi celle-ci consiste et en quoi elle se sépare de l’éloquence ancienne. Nous croyons avoir éclairé cette question d’une lumière nouvelle. On pourra, du moins lire avec plus de fruit et mieux comprendre le Dialogue des orateurs. L’ordre des temps nous fait ensuite pénétrer dans les écoles dés rhéteurs. Nous les avons étudiées minutieusement dans leur vie intime, dans leurs procédés, leur méthode, leurs résultats. Nous avons donné la biographie de Sénèque le Père leur historien, et celle des rhéteurs les plus célèbres, des membres du tetradeon ou quadrivirat, en traduisant quelques passages de leurs discours, sans oublier une controverse d’Ovide, leur meilleur élève. L’ouvrage de Sénèque le Père, trop délaissé, est une mine inépuisable de renseignements, d’anecdotes curieuses, de citations dont nous avons tiré parti. Le second volume aborde l’éloquence des délateurs. Mais quelle est cette espèce nouvelle d’orateurs ? En quoi peut consister une éloquence qui s’appuie sur la délation ? Ce nom sinistre éveille d’ordinaire en nous l’idée de misérables qui pratiquent de basses intrigues et non d’hommes habiles a parler. Ces délateurs sont, il est vrai, des ambitieux sans scrupules, mais ce sont, malheureusement, les meilleurs orateurs de leur temps. Nous avons rassemblé tous les passages qui concernent les plus célèbres d’entre eux, et la liste en est longue, et nous avons essayé de caractériser leur éloquence, en rappelant le rôle considérable qu’ils ont joué pendant la pire époque de l’empire romain. On sait d’une manière générale que Sénèque, Quintilien, Tacite et Pline le Jeune ont passé par les écoles des rhéteurs ou exercé l’art oratoire, avant de composer les œuvres qui font leur gloire. Nous avons analysé et réuni les souvenirs relatifs il leur jeunesse, à leur présence au barreau et nous avons suppléé ainsi à l’insuffisance des histoires littéraires. Celles-ci se bornent à dire de chacun d’eux qu’il avait commencé par plaider au forum. On saura mieux quels enseignements ils ont suivis, quelles causes ils ont soutenues, quels jugements leurs contemporains ont portés sur leurs débuts. Sénèque le Philosophe et Pline le Jeune surtout, l’un par ses Discours consolatoires, l’autre par son Panégyrique de Trajan, ouvrages qui ont survécu, ont donné lieu à des études naturellement plus complètes et plus précises. Tacite et Pline le Jeune nous ont conduit à la fin du règne de Trajan et à la conclusion de cet ouvrage. Sans dire précisément que l’éloquence romaine meurt avec eux, et que les orateurs qui les suivent ne valent pas l’honneur d’être nommés, on peut considérer que l’histoire de l’éloquence envisagée comme art est dès lors terminée. Avec les Antonins commence l’âge des grammairiens et des philosophes. Nous avons profité à plusieurs reprises ; dans le cours de ces deux volumes, des ressources que pouvait offrir l’épigraphie. Des inscriptions connues déjà, d’autres restées longtemps incompréhensibles et éclairées par des travaux récents ; d’autres, enfin, tout à fait nouvelles, témoin le discours prononcé par Néron aux jeux Isthmiques et retrouvé par M. Holleaux en 1888, nous ont servi à compléter et à contrôler les témoignages des auteurs anciens. Dans l’espoir de rendre service aux candidats à la licence et à l’agrégation des lettres, nous avons publié les textes principaux à l’Appendice et nous en avons donné la traduction. En un mot nous avons voulu faire connaître une époque presque ignorée de l’éloquence romaine, et appeler l’attention sur des questions d’histoire littéraire qu’on laisse de côté le plus souvent, ou qui rebutent la curiosité par leur apparente aridité. Des amis, à qui quelques-unes de ces pages ont été communiquées, nous ont assuré qu’elles leur avaient paru intéressantes et instructives. Ils nous ont engagé à les réunir et à les livrer au public. A celui-ci de dite s’ils n’ont pas péché par excès d’indulgence[3]. |
[1] Hachette, 3e édition, 1892.
[2] Nous avons trouvé une aide précieuse dans l’histoire littéraire de Teulfel et dans la réunion des textes latins classés par nom d’écrivains et d’orateurs, dont Adolphe Berger s’est servi autrefois pour faire à la Sorbonne ses Cours d’éloquence latine si estimés. C’étaient d’utiles matériaux ; mais il restait à en tirer parti.
[3] Nous avons conservé aux noms propres les plus connus l’orthographe admise en français et consacrée par l’usage, Pollion Pison, Othon ; nous avons laissé aux autres leur forme latine plus correcte. Capito, Gallio, Latro.