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§ 1. Étude sur les principaux textes historiques relatifs au
développement du domaine géographique de la race celtique avant la décadence
de la puissance militaire de cette race au IIIe s. av. J.-C.
Si l’on s’en rapporte à l’ouvrage si connu qui est le
principal titre littéraire d’Amédée Thierry, les populations celtiques de la Gaule se divisent en deux
groupes : l’un, les Celtes proprement dits ou Galls, serait venu s’établir
dans les régions situées à l’ouest du Rhin, entre les années 1600 et 1500
avant notre ère ; l’autre, les Kimri ou Belges, y serait arrivé entre les
années 631 et 587. Ces dates ont été puisées par l’auteur dans son
imagination. C’est aussi son imagination qui, transportant dans l’antiquité
le nom que se donnaient les Gallois du moyen âge, lui a fait associer aux
Belges les Kimri, et confondre par suite les Belges avec les Cimmériens et
les Cimbres, les uns probablement Thraces, les autres certainement Germains.
La plus ancienne mention de la race celtique que nous
trouvions chez les auteurs de l’antiquité date de l’an 500 ou environ avant
notre ère ; elle est par conséquent postérieure de onze siècles à la date à laquelle
Amédée Thierry fait commencer son récit. L’auteur de cette mention est
Hécatée de Milet. Hécatée de Milet est célèbre par le conseil qu’il donna à ses
compatriotes de ne pas faire la guerre au roi des Perses[1]. C’était en l’année
500 avant notre ère. Pendant les années précédentes, de l’an 513 à l’an 501
environ, il avait parcouru la plus grande partie du monde connu des anciens ;
il résuma dans un ouvrage, aujourd’hui perdu, mais dont on nous a conservé
des fragments, les notions qu’il avait acquises dans ses savantes pérégrinations.
Cet ouvrage était intitulé Περίοδος
γής qu’on peut traduire Voyage autour du Monde.
Il paraît avoir été écrit entre les années 506 et 478 avant notre ère[2]. Dans les débris
qui nous en sont restés, il est question deux fois des Celtes. Le plus
important de ces passages nous apprend que Marseille est une ville de la Ligystique, c’est-à-dire
du pays des Ligures, dans le voisinage de la Celtique. Le pays
des Ligures, à cette époque reculée, renferme, outre l’Italie du nord-ouest,
le bassin du Rhône, probablement à peu prés tout entier, et en dehors de ce
bassin une portion de la Gaule,
dont on ne peut déterminer l’étendue. Un siècle et demi plus tard, au temps d’Alexandre
le Grand, dans la seconde moitié du IVe siècle, la perte du Rhône, prés de Bellegarde, était
encore comprise dans le domaine des Ligures[3], et le long des
côtes de la Méditerranée,
on trouvait aussi les Ligures sur les deux rives du même fleuve[4]. Cependant, au
temps d’Alexandre, l’empire celtique, très vaste déjà, est sur le point d’atteindre
son plus grand développement, aux dépens de peuples divers dont les Ligures
sont un des plus importants. Car la Ligystique ou Ligurie d’Hécatée est bien plus
étendue à l’ouest et au nord que la Ligurie du temps de l’empire romain, c’est-à-dire
que la neuvième région de l’Italie, située entre le golfe de Gênes au sud et
le Pô au nord, le Var à l’ouest et le Macra à l’est[5]. Si l’on en croit
un compilateur qui, au IVe
siècle de notre ère, résumait des documents du Ve siècle avant J.-C., les limites de la Ligurie, à l’époque la
plus reculée à laquelle ces documents puissent atteindre, auraient englobé au
nord-ouest des Alpes une région beaucoup plus vaste que le bassin du Rhône,
elles auraient atteint l’Océan Atlantique[6], elles auraient
compris par conséquent une partie considérable de la contrée que nous
désignons par le nom de Gaule ; et nous ne pouvons démontrer que les Celtes
eussent pénétré dans cette contrée à la date où Hécatée écrivait, l’an 500 ou
environ avant J.-C. Notre incertitude disparaît un demi-siècle plus tard.
Hérodote nous l’enlève dans le second livre de ses histoires, écrit entre les
années 445 et 443 av. J.-C. De son temps, le Danube prenait sa source chez
les Celtes, alors le peuple le plus occidental de l’Europe ; et l’empire
celtique, pénétrant jusqu’en Espagne, comprenant par conséquent au nord des
Ligures la portion la plus grande de ce qui fut plus tard la Gaule romaine, touchait
les Cynesii, appelés ailleurs par
Hérodote les Cynètes, qui sont les habitants de la province moderne des
Algarves[7], en Portugal.
Cette formule, que les Celtes sont le peuple chez lequel le Danube prend
naissance, qu’ils habitent à l’extrême occident et qu’ils sont les voisins
des Cynétes, exprime aux yeux d’Hérodote une doctrine courante, il la répète
dans son quatrième livre écrit entre les années 443 et 431[8]. Mais, avant l’apparition
de cette formule, toute preuve historique nous manque de la présence des
Celtes en Gaule, et l’apparition de cette formule est postérieure au milieu
du Ve siècle
avant J.-C.[9]
Probablement l’empire celtique, quelque temps avant Hérodote, était encore
une région de peu d’étendue, au nord des Alpes, dans le pays qui forma plus
tard le Norique, la
Vindélicie et les agri decumates
: le Danube prend sa source à la frontière occidentale de la Vindélicie.
C’est probablement la monarchie qui donna aux Celtes l’unité
militaire que la Grèce
dut à Philippe et à son fils Alexandre ; une tradition, recueillie par
Tite-Live, nous apprend le nom d’un des grands rois dont le génie fit
acquérir aux Celtes une puissance qui, pendant plus d’un siècle, fut la
première de l’Europe : il s’appelait Ambigatos.
Il est postérieur à Hérodote ; quand il monta sur le trône, vers l’an 400 ou
environ avant notre ère, les Celtes étaient déjà maîtres de la Gaule septentrionale et
occidentale ; déjà ils occupaient une partie de l’Espagne, où ils dominaient[10] ; Ambigatos
ajouta de nouvelles conquêtes aux précédentes ; une de ses armées s’empara de
l’Italie du nord, elle pénétra jusqu’à Rome ; une autre soumit à son joug une
portion du pays qu’après la chute de l’empire gaulois les Romains appelèrent
Germanie, elle conquit les contrées montagneuses qui forment aujourd’hui la Bohême et le
centre de l’Allemagne[11]. Ambigatos dut à ses succès le surnom de
tout-puissant, Biturix, confondu plus
tard avec un nom de peuple de la
Gaule au Ier siècle avant notre ère. Il régnait vers l’année 400. L’unité
monarchique semble avoir assuré le maintien et le développement pour ainsi
dire irrésistible de la puissance celtique jusque vers le commencement du IIIe s. avant notre
ère. C’est en l’année 283 que nous voyons pour la première fois les limites
du territoire celtique reculer devant les agrandissements de la puissance
romaine ; dans le territoire des Sénons d’Italie une colonie romaine est
fondée. Dans le siècle précédent, les Celtes s’étaient emparés de la Pannonie et leurs
victoires sur les Illyriens avaient fait d’eux les voisins de la Thrace et des États de
Philippe, roi de Macédoine, puis d’Alexandre le Grand[12]. Au commencement
du IIIe
siècle, l’empire celtique ou gaulois s’étendait de la Thrace à l’Océan
Atlantique, comprenait la plus grande partie de l’Espagne[13], une grande
partie de la Gaule
au nord des Cévennes et du bassin du Rhône, une portion considérable, sinon
la totalité de la Germanie,
le bassin du Danube, sauf sa portion la plus orientale, et presque toute l’Italie
du nord. Qu’aurait été, en 283, la puissance romaine en face d’un empire
aussi vaste, si l’unité celtique n’eût déjà été désagrégée ? De cette absence
d’unité, on eut la preuve quelques années après, quand les conquêtes
celtiques, se poursuivant à l’Orient sur les ruines de l’empire d’Alexandre,
eurent pour résultat la création d’États indépendants en Thrace et dans la
portion de l’Asie Mineure, qui prit dés lors le nom de Galatie. Ainsi, de l’an
445 environ à l’an 300, nous voyons se développer devant nous un empire
gaulois, unitaire et monarchique, qui, vers l’année 300, perd cette unité et
se dissout, comme l’empire d’Alexandre, en un certain nombre d’États
indépendants ; ses développements orientaux, résultat de vieilles mœurs
guerrières, donnent un dernier éclat à un édifice qui s’écroule de toutes
parts. La conquête du territoire des Sénons d’Italie par les Romains reste
sans vengeance ; la domination celtique en Espagne fait place à celle des
Carthaginois[14].
Les Germains se soulèvent ; les Grecs, vaincus et terrifiés, reprennent
courage ; les Romains continuent leurs conquêtes, et pour les Celtes,
habitués à la victoire, les revers succèdent aux revers ; mais leur
résistance n’a pas encore perdu son dernier asile.
Parmi les faits importants qui ont signalé le début de
cette décadence, un des moins connus est la révolte des Germains. La
domination gauloise en Germanie, pendant la période où la race celtique
exerça la plus grande puissance sur le continent, c’est-à-dire pendant le IVe siècle avant
notre ère, ne peut être contestée ; elle explique la confusion faits jusqu’à
César entre les Gaulois et les Germains par les auteurs grecs et romains ;
elle fait comprendre le maintien traditionnel de cette confusion chez
plusieurs écrivains, conservateurs d’habitudes devenues classiques, et qui
refusaient d’admettre dans leur langue l’expression des découvertes
ethnographiques dues au génie administratif des Romains. On sait que les
Grecs se sont servis exclusivement du mot Κελτός,
Celte, pour désigner la race celtique jusqu’à l’invasion qui commença en l’année
281. De cette invasion date le mot Γαλάτης,
Galate, dès lors synonyme du substantif Κελτός,
Celte, et que les écrivains grecs emploient concurremment avec lui pour
exprimer la même idée. Or, pour Diodore de Sicile, qui écrit comme on le sait
peu après la mort de César, les Germains, vaincus par César dans son
expédition au delà du Rhin, en l’année 55, sont des Galates[15]. Non seulement
Dion Cassius donne le nom de Κελτός,
Celte, aux Gaulois cisalpins, en guerre avec les Romains au IVe siècle avant
notre ère[16],
mais il l’attribue systématiquement aux populations qu’avec César nous
appelons germaniques et qui interviennent dans son récit à partir de l’an 55
avant notre ère. Les Tenctères et les Usipètes, Germains, comme nous le
savons, sont suivant lui des peuples celtiques, et le Rhin sépare de la Galatie ou Gaule les
Celtes[17]. Il parle
ailleurs des Celtes qu’on appelle Germains et qui, ayant occupé la Celtique voisine du
Rhin, lui ont fait donner le nom de Germanie[18]. Dion Cassius
écrivait au IIIe
siècle de notre ère, entre les années 211 et 222 environ. Pour bien
comprendre sa doctrine, il peut être utile de voir comment s’exprime sur le
même sujet deux siècles plus tôt le célèbre érudit grec Denys d’Halicarnasse.
Cet auteur appelle celtique le pays d’où sont venus au commencement du IVe siècle les
Gaulois qui ont pris Rome[19], et il dit plus
loin qu’au temps où il écrit, la
Celtique est délimitée par les Alpes, par les Pyrénées, par
l’Océan, par la région qu’habitent les Scythes et les Thraces et par la mer
Pontique, que nous appelons aujourd’hui mer Noire. C’est, ajoute-t-il, à peu
près le quart de l’Europe. La
Celtique, continue-t-il, est divisée en deux parties égales
par le Rhin ; la portion orientale s’appelle Germanie, et la portion
occidentale Galatie[20]. Nous citerons
encore un passage de Cicéron. Une des reliques précieuses qui rappelait à l’orgueil
romain le triomphe de Marius sur les Cimbres était un bouclier, scutum cimbricum. Sur ce bouclier était peint un
guerrier faisant la grimace et tirant la langue pour narguer l’ennemi. Or, qu’était
ce guerrier ? un Germain ? non ; un Gaulois, dit Cicéron : Gallus, équivalent latin du grec Κελτός, Celte. Ainsi,
les Cimbres sont encore des Gaulois pour Cicéron quand il écrit son De
oratore l’an 55 avant notre ère[21], l’année même où
César jeta un pont sur le Rhin et où, pour la première fois, les armées
romaines pénétrèrent en Germanie. La même erreur est reproduite par Salluste
environ quinze ans plus tard[22]. A cette époque,
on ne savait pas bien encore à Rome qu’il existât, au nord-est des contrées
occupées par les Celtes ou Gaulois, une autre race, obscure jusque-là, celle
des Germains, à laquelle appartenaient les Cimbres, comme le reconnut plus
tard Auguste dans la célèbre inscription d’Ancyre, comme le répètent Tacite
et Pline[23].
C’est que, si la race germanique est ancienne, si elle
remonte à la même antiquité que les autres grandes familles de souche
indo-européenne, comme les Grecs ou les Celtes, son indépendance, au il,
siècle avant notre ère, était un phénomène relativement nouveau, accompli
depuis les grands travaux historiques et géographiques des Grecs du Ve et du IVe siècle, depuis
la dislocation de ce vaste empire celtique qui, suivant Ephore, contemporain
d’Alexandre le Grand, constitue une des quatre grandes sections du monde
barbare, vis-à-vis l’Inde, entre l’Ethiopie et la Scythie[24].
Ce fut probablement au IIIe siècle que les Germains secouèrent le
joug ; mais les Gaulois ou Celtes occupèrent longtemps encore une portion
notable des contrées qui depuis se sont appelées Germanie, et qui sont
situées au nord du haut Danube, à l’est du Rhin. Quand Tacite écrivit sa Germania,
à la fin du Ier
siècle de notre ère, on conservait encore la mémoire d’un temps où les
Helvètes habitaient entre le Rhin au sud-ouest et le Main au nord, c’est-à-dire
dans le grand-duché de Bade, le Wurtemberg et une partie de la Bavière
septentrionale[25],
et où le domaine des Boïes, dont Bologne en Italie fut une colonie[26], comprenait, non
seulement une partie du Norique et de la Pannonie[27], c’est-à-dire la Bavière
orientale, l’Autriche et le nord-ouest de la Hongrie, mais aussi le
bassin du haut Elbe ; la
Bohême porte encore leur nom[28]. Ils en
restaient maîtres vers la fin du IIe siècle avant notre ère, quand eut lieu l’invasion
des Cimbres[29].
César raconte que de son temps, au milieu du Ier siècle avant J.-C., un rameau d’un
peuple gaulois, les Volcae étaient toujours établis au centre de la Germanie, dans une de
ses régions les plus fertiles, et s’y maintenaient indépendants par la
puissance de leurs armes[30], tandis qu’un
siècle et demi plus tard les Cotini, dernier peuple gaulois qui, en Germanie,
ait conservé un débris d’indépendance, sont réduits à exploiter le minerai de
fer des montagnes sauvages et incultes de la Silésie, dernier
asile de l’ombre de liberté qu’ils conservent en payant tribut à leurs
voisins, alors leurs maîtres, autrefois leurs sujets[31].
§ 2. La domination celtique en Germanie attestée par les noms
géographiques gaulois qui persistent en Germanie au IIe siècle de notre ère.
Les monuments de la domination gauloise en Germanie sont
de deux sortes : les uns appartiennent à la nomenclature géographique la plus
ancienne de cette contrée, telle que nous la fait connaître principalement
Ptolémée, dans la première moitié du IIe siècle de notre ère ; les autres consistent en certains
mots du vocabulaire des langues germaniques. Nous commencerons par la
nomenclature géographique. Il n’y a pas à insister beaucoup sur les noms celtiques
ou gaulois, par exemple : 1e de la grande chaîne de montagnes
qui forme d’abord entre la Méditerranée et l’Océan la ligne de partage des
eaux, ensuite la limite septentrionale de la Bohême : Αρxύνια όρη,
chez Aristote[32],
Hercynia chez César[33] ; 2e des
montagnes qui délimitent la
Bohême au sud-ouest et qu’on appelle aujourd’hui Bœhmer
Wald, forêt Gabreta, au Ier et au IIe siècle après
J.-C.[34] Le plus intéressant,
ce sont les noms celtiques d’une partie des villes de Germanie, dont Ptolémée
nous donne la liste au lie siècle de notre ère. Au moment où ce géographe
tient la plume, il y a longtemps que les Gaulois ne dominent plus en Germanie
; depuis trois siècles, leur suprématie n’y est plus qu’un souvenir, et il y
a déjà quatre siècles que leur empire a commencé à s’écrouler. Mais plusieurs
des villes fondées par eux conservent encore le nom qu’ils leur ont donné. En
effet, les Gaulois ou Celtes n’étaient pas, comme certains historiens ont l’air
de le croire, un peuple instable et vagabond, changeant sans cesse ses
résidences, comme les sujets de son orgueil. Ce peuple était à la fois
conquérant et colonisateur ; il a fondé non seulement Paris et Londres, mais
Vienne, en Autriche. L’Italie lui doit une de ses capitales, Milan ; et il a
donné aux Serbes leur capitale, Belgrade, l’antique Singidunum. En Germanie, l’établissement des
Celtes a eu le même caractère de stabilité que dans le reste de leur empire.
Les villes de Germanie, dont le nom, au temps de Ptolémée, rappelait leur
souvenir, étaient situées, les unes dans la région orientale voisine de la Sarmatie, les autres
dans la région occidentale voisine de la Gaule romaine. A la première région appartenait
Eburodunum[35], aujourd’hui
Brünn ou Hradisch en Moravie, dans le bassin de la March, affluent de gauche du moyen Danube ; Carrodunum, aujourd’hui Zarnowice, sur la Pilca, dans la Pologne russe, ou
Cracovie dans la Pologne
autrichienne[36],
tous deux dans le bassin de la
Vistule ; Melio-dunum,
dans les environs de Troppau, Silésie autrichienne[37] ; Budo-rigum[38] et Lugi-dunum[39], tous les deux
dans la Silésie
prussienne, l’un à Ratibor ou aux environs, l’autre probablement identique à Liegnitz
; ces trois dernières localités sont situées dans le bassin de l’Oder, et la
troisième paraît avoir été un peu au nord-ouest de Breslau. Comme Eburodunum, elles appartiennent à la portion de
la Celtique
qui, suivant Ephore au IVe
siècle avant notre ère, et Denys d’Halicarnasse au Ier, est voisine des Scythes. Passons
maintenant à la région qui se rapproche de la rive droite du Rhin. Nous
commencerons par le nord. Entre le Rhin et le Weser, Ptolémée nous fait
connaître un nom de ville incontestablement celtique. C’est celui de Medio-lanium, aujourd’hui Meteln-ander-Vecht en
Westphalie, près de Munster[40]. On peut en
rapprocher le nom du saltus teuto-burgiensis
dans la même région ; il est mentionné par Tacite dans le récit d’événements
qui se rapportent à l’an 15 de notre ère[41]. Ce nom suppose
un nom de forteresse, Teuto-burgium,
qui est hybride : le second élément est le germanique burgis, château fort, dont la forme gauloise est briga, mais le premier terme est celtique ; en
germanique, il faudrait theudo-, ou deudo- comme Strabon a écrit dans le composé Deudo-rix, nom d’un chef Sugambre[42]. La vallée du
Mein nous offre sur la rive droite de cette rivière Loco-ritum, aujourd’hui suivant les uns Lohr,
suivant les autres Gemünden en Bavière |