N° 1 — Costume et armement des gladiateursParmi les différentes armes de la gladiature, nous avons déjà fait connaître les principales. Maintenant, sans revenir sur ce qui a déjà été dit de leur équipement et de leur manière de combattre, nous allons essayer de compléter cette énumération et de mieux caractériser chaque espèce de gladiateurs, en entrant dans plus de détails sur les attributs distinctifs de chacune. Nous avons déjà vu que ces champions de l’arène combattaient pour la plupart à pied, mais en partie aussi à cheval, ou montés sur des chars. Les gladiateurs à pied étaient les uns légèrement, les autres pesamment armés. A la première de ces deux classes appartenaient surtout les rétiaires et les suivants (secutores), dont nous avons déjà fait mention, comme sans doute aussi les vélites et les provocateurs ; à la seconde, les Gaulois et les Mirmillons, les Thraces, les Samnites, les hoplomaques, tous également déjà nommés. La spécialité des rétiaires était une des plus communes et des moins estimées. Seuls de tous les gladiateurs ils combattaient nu-tête[1]. Vêtus d’une tunique[2] ou d’un simple caleçon (subligaculum), commun sur les monuments et blanc dans la mosaïque de Borghèse, ils avaient peut-être les jambes garanties en outre par des bandages. Leur armement défensif se bornait à un large ceinturon (balteus) et à une espèce de manche en cuir ou de brassard en métal, tenant lieu de bouclier, au bras gauche, et surmonté d’une épaulière (galerus)[3], qui parait très grande et ressemble à une aile dans la mosaïque de Bignor. Le filet (jaculum), la principale de leurs armes offensives, paraît si grand, dans Winckelmann, qu’il couvre presque entièrement l’adversaire. Ils étaient munis en outre d’un poignard et d’un trident (fuscina), semblable à celui avec lequel on harponnait le thon. Il paraît qu’anciennement déjà les Tyriens, lors du siège de leur ville, avaient employé le filet et le trident pour leur défense, contra les Macédoniens d’Alexandre[4]. L’idée de cette manière de combattre était évidemment empruntée à la pêche. Dans une chanson de l’arène, où il paraît que les combats simulés étaient accompagnés de musique[5], le rétiaire raillait ainsi le Mirmillon : Non
tepeto, piscem peto, quid me fugi’ Galle ? Æquoreus est, dans une inscription du temps, le nom d’un rétiaire[6]. Les rétiaires ne combattaient jamais entre eux, mais isolément ou en troupe, tantôt contre des Samnites, des Thraces, des Gaulois et des Mirmillons, tantôt contre des gladiateurs plus légèrement armés, comme les secutores. Les laquearii, dont Isidore de Séville[7] fait seul mention, et chez lesquels le filet était remplacé par un lacet à nœud coulant, ne paraissent avoir été qu’une variété des rétiaires. L’emploi des suivants (secutores) semble avoir été de harceler les rétiaires. Leurs armes étaient l’épée, le bouclier et le casque à visière[8]. Il est possible qu’ils eussent aussi des brassards, niais selon toute probabilité leur armement ne comprenait pas de cuissards. Les Gaulois et les Mirmillons différaient probablement peu les uns des autres, dans leur armement. D’après Festus, les seconds n’auraient été qu’une variété des premiers. Il faut conclure de deux passages d’Ammien[9] qu’ils étaient pesamment armés et bardés de fer. Les monuments ne permettent pas d’en juger. On opposait ces gladiateurs aux rétiaires et aux Thraces[10]. L’armement des anciens Samnites, décrit par Tite-Live (IX, 40), paraît avoir été un peu modifié pour les gladiateurs postérieurement qualifiés de ce nom. Les pièces caractéristiques de l’armure de ces derniers sont : le grand bouclier oblong, souvent un peu concave[11], mais qui n’offre pas, sur les monuments, la diminution de largeur, vers le bas, indiquée par Tite-Live ; une manche au bras droit et un cuissard à la jambe gauche[12] ; puis le casque à visière surmonté d’une crête et d’un panache très élevé[13] ; enfin, le ceinturon, avec l’épée courte. Ils portaient la tunique blanche ou de diverses couleurs, mais n’ont point de cuirasse sur la mosaïque de Borghèse. Leurs boucliers aussi étaient bigarrés, souvent même garnis d’or ou d’argent. On les opposait, comme les Gaulois, aux rétiaires et aux Thraces. La collection Campana offre une figure très intéressante de Samnite. Les Thraces (Threces) portaient ordinairement le petit bouclier rond et un peu concave[14], tel qu’il apparaît sur le monument de Scaurus. On appelait ce bouclier parma, pour le distinguer du grand bouclier des Samnites (scutum). Cependant, il se peut que la parma fût aussi quelquefois carrée, puisque Martial (XIV, 213) l’appelle un scutum bon pour des nains. L’arme offensive des Thraces était la sica, propre à cette nation[15], espèce de sabre courbe, que Juvénal[16] compare à une faux retournée, Pline l’Ancien[17], aux défenses du sanglier. C’est la forme qu’il a sur un bas-relief de l’amphithéâtre de Nîmes[18] représentant le combat d’un Thrace et d’un Samnite, tandis que sur le monument d’Exochus et dans les trophées de l’école des gladiateurs de Pompéji, la lame de ce sabre est droite et à pointe non arrondie, mais triangulaire. Une armure plus complète et des cuissards aux deux jambes suppléaient, chez les Thraces, à l’exiguïté du bouclier, et les distinguaient également des Samnites. Des gladiateurs aussi pesamment armés ne devaient, en général, se recruter que parmi les beaux hommes, réunissant les avantages de la vigueur et de la taille au plus haut degré possible ; à plus forte raison les hoplomaques, dont l’armure était plus lourde encore et que l’on regardait comme les champions de l’arène les plus dangereux pour leurs adversaires. Complètement armés et bardés de fer de pied en cap, ils devaient avoir non seulement les deux cuissards, comme les Thraces, auxquels ils ressemblaient le plus[19], mais aussi la cuirasse. Combattant entre eux, ils ne pouvaient presque s’atteindre qu’au visage et aux yeux, par les trous de la visière du casque, ce qui paraît notamment résulter de ce distique de Martial[20] : Hoplomachus
nunc es, fueras ophthalmicus ante. Fecisti
medicus, quod lacis hoplomachus. Parmi les gladiateurs légers se rangeaient encore les vélites, qui combattaient avec le javelot[21], peut-être même quelquefois avec la lance, comme probablement aussi les provocateurs. Ils devaient sans doute ouvrir le combat, qui s’engageait Utque
petit primo plenum flaventis arena ; Nondum
calfacti velitis hasta solum. Artémidore[22] mentionne aussi les Dimachères, sans doute munis de deux poignards, mais sur lesquels on manque d’ailleurs presque entièrement de données. Tout ce qu’on sait des Andabates, qui avaient formé le sujet et fourni le titre d’une satire de Varron (Andabatœ), c’est qu’ils combattaient sans y voir, ce qui veut dire probablement avec une visière non percée de trous et baissée. C’était là, comme il paraît, une manière de combattre de l’ancien temps, complètement tombée en désuétude, et dont saint Jérôme[23] n’a parlé, sans doute, que d’après Varron. On ignore ce qu’étaient les pœgnarii des inscriptions, dont une concerne un pegniarius ludi magni presque centenaire[24]. Cavedoni a pensé que c’étaient des gladiateurs nains. Non seulement des inscriptions, mais aussi Galien, Artémidore et déjà Cicéron[25], parlent aussi de cavaliers (equites) dans l’arène. Ceux qui figurent sur le monument de Scaurus portent de longues cuirasses avec la tunique, de petits boucliers ronds, des brassards au bras droit, des casques à visière et des lancés. Les Essédaires[26], gladiateurs montés sur un char comme les guerriers bretons, furent probablement introduits à Rome par Jules César, qui nous a laissé une description de la manière de combattre de ces derniers[27]. On a pu voir plus haut, par un passage de Pétrone, que les Essédaires faisaient souvent leurs évolutions avec l’accompagnement d’une musique. Il est à peu près certain qu’un guide se tenait sur le char, comme chez les Bretons, à côté du combattant[28]. Le même auteur[29] parle aussi d’une femme essédaire (mulier essedaria), ce qui ne serait encore que l’imitation d’un usage breton, également mentionné par Tacite[30]. Ce furent évidemment les guerres faites et, Bretagne qui mirent cette forme, de combat de plus en plus à la mode, sous les règnes de Claude et de Néron. Est-il besoin d’ajouter, à propos des incertitudes planant encore sur une partie des renseignements qui précèdent, que le costume, la tenue et l’armement des différentes espèces de gladiateurs, durent nécessairement beaucoup varier, avec le temps, et généralement plus ou moins subir l’influence de la mode ? Il n’y eut, sans doute, d’uniforme parfaitement déterminé pour aucune des armés de la gladiature. Les monuments ne nous offrent des types bien caractérisés, et sur lesquels on ne peut se méprendre, que pour les rétiaires, les secutores, les Samnites et les Thraces. Il devait, d’ailleurs, y avoir aussi des gladiateurs habiles dans plus d’un genre de combat, comme l’indiquent ces vers de Martial[31] : Hermes
belligera superbus hasta, Hermes
æquoreo minas tridente, Hermes
casside languida timendus. Ici Hermès était rétiaire et vélite, ou peut-être provocateur. N° 2 — Animaux montrés et employés par les Romains dans le cirque et l’amphithéâtre[32].La spécification de ces animaux offre une diversité plus ou moins grande, selon les temps. Aussi faut-il, pour l’établir clairement, ne point perdre de vue l’ordre chronologique dans lequel les différentes espèces furent successivement apportées à Rome, pour y servir à l’amusement du peuple-roi. Nous distinguerons à cet égard trois périodes, dont les deux premières comprennent les temps de la république et de la fondation de l’empire. 1°. Depuis l’introduction des chasses à Rome jusqu’aux jeux
donnés pendant l’édilité de Scaurus (186 à 58 avant notre ère).
Éléphants. — Déjà la guerre contre Pyrrhus, en Lucanie[33], avait fait faire connaissance aux Romains avec ces animaux, que le peuple appela d’abord bœufs de Lucanie. Marcus Curius Dentatus en fit paraître à son triomphe[34], en l’an de Rome 479, correspondant à 275 avant notre ère. L. Cécilius Métellus, le vainqueur des Carthaginois, lors de son triomphe (en l’an de Rome 504 = 250 avant J.-C.) fit aussi promener un grand nombre d’éléphants[35] au cirque. D’après Verrius, ces pauvres animaux auraient été tués dans la circonstance, mais les rapports des autres écrivains ne s’accordent pas avec lui sur ce point[36]. Une médaille que la famille Cécilienne fit frapper, en commémoration de ce triomphe[37], présente un éléphant qui porte une cloche au cou. C’est en 99 et en 79 av. J. C. que l’on fit, pour la première fois, combattre des éléphants contre des taureaux, d’après Pline l’Ancien. Pompée qui, à son triomphe d’Afrique, de l’an 81 av. J. C., avait paradé sur un char traîné par des éléphants[38], eut le premier aussi la fantaisie de faire combattre une vingtaine de ces animaux avec des hommes, à 55 av. J.-C., lors de l’inauguration du théâtre qui prit son nom[39]. Sous l’empire, on les affectait principalement à l’attelage des chars de triomphe et de procession de l’empereur ; on s’amusait à leur faire exécuter des tours d’adresse au cirque, mais on se décidait rarement à en laisser immoler dans les tueries. A l’inauguration de l’amphithéâtre Flavien même, on ne fit pas combattre plus de quatre éléphants[40]. Commode aussi en tua deux de sa propre main[41]. Sur des médailles frappées sous les règnes de Titus, d’Antonin le Pieux, de Commode et de Septime Sévère, on voit l’éléphant bardé d’une espèce de grillage[42]. Animaux d’Afrique. — On comprenait surtout sous cette dénomination générale les bêtes féroces de l’espèce féline (africanæ bestiæ), notamment des lions, des panthères et des léopards. Tous ces animaux figurent déjà parmi les bêtes offertes en spectacle, à Rome, dans la première grande chasse (venatio) que Marcus Fulvius y ordonna, en 186 av. J.-C.[43] Mais on ne mentionne positivement que beaucoup plus tard un combat de plusieurs lions, donné par l’édile Q. Scævola, qui devint consul en 95 av. J. C. Il semblerait que ces animaux étaient d’abord attachés et que Sylla fut le premier qui lâcha des lions au cirque, dans un spectacle qu’il y donna comme préteur. Il avait obtenu du roi Bocchus et fait venir tout exprès d’Afrique, pour ce combat, des hommes habitués à lancer le javelot[44]. C’étaient, suivant Pline l’Ancien, cent lions à crinière (jubati), que les auteurs latins distinguent parfois des autres lions, ce qui a fait penser à Mongez que peut-être ces derniers seulement étaient de véritables lions, et que la désignation de la première espèce pouvait s’appliquer simplement au guépard (chasseur des Indes, felis jubata de Linné). Quoi qu’il en soit, on voit les lions et les lionnes, ainsi que les panthères et les léopards, figurer par centaines dans les spectacles donnés par Pompée, Jules César, Auguste (pour l’inauguration du théâtre de Marcellus, en l’an 13, et pour celle du temple de Mars Vengeur, en l’an 2 av. J.-C.), Germanicus, Caligula (pour l’inauguration du temple d’Auguste, en l’an 37 de notre ère), Claude, Néron, Adrien (au cirque), Antonin le Pieux, Marc-Aurèle, Commode et Probus[45]. Pompée déjà, suivant Dion Cassius, fit don au cirque de six cents lions, dont trois cent vingt-cinq à crinière. Commode, d’après Hérodien, fit un massacre de cent lions à un seul spectacle, et Probus encore fit égorger à l’amphithéâtre cent lions, à crinière, dont les rugissements y produisaient l’effet du tonnerre, et autant de lionnes, sans parler des autres animaux[46]. Or, on était encore bien plus prodigue de panthères et de léopards. Un ancien sénatus-consulte avait défendu l’introduction de ces espèces ; mais déjà le tribun Cn. Aufidius donna l’exemple de la dérogation à cette loi, vers l’an 1&0 av. J.-C. probablement. Scaurus donna cent cinquante de ces animaux pour les jeux de sols édilité ; Pompée en fournit quatre cent dix pour le même usage ; P. Servilius, comme préteur, trois cents, en l’an 25 avant notre ère ; Auguste une fois même jusqu’à six cents, et trois mille cinq cents pendant toute la durée de son règne[47]. Parmi ces animaux se trouvaient sans doute aussi quelquefois des hyènes, bien qu’il n’en reste plus qu’une seule mention distincte, qui se rapporte au règne de Gordien[48]. Des autruches figuraient déjà dans les premières grandes chasses (venationes) du cirque[49]. Commode les abattait à la course avec des flèches tournées en croissant[50]. Le premier Gordien, étant édile, fournit pour son sixième spectacle, entre autres bêtes, trois cents autruches de Mauritanie, teintes en rouge[51]. Après l’autruche, des grues dressées sont les seuls oiseaux mentionnés dans les spectacles de ces véneries[52]. Quant aux perroquets et à d’autres oiseaux rares et de beau plumage, on se bornait à les exposer aux regards du people et on s’en servait probablement aussi pour l’ornement du forum, lors des spectacles[53]. Telles étaient, que nous sachions, les seules espèces d’animaux exotiques qui fussent employées à Rome, dans la vénerie officielle, avant l’édilité de Scaurus. Il nous reste, maintenant, à parler aussi des espèces d’Europe. Ours. — On
en tirait de la Lucanie[54], de Les taureaux, dont il est très souvent fait mention, étaient naturellement d’un usage fort commun. Depuis l’an 79 avant J.-C. on les mit souvent aux prises avec l’éléphant[58] ; dans les temps postérieurs, plus particulièrement avec des hommes[59]. Des combats de soixante sangliers, lâchés les uns contre les autres, sous Septime Sévère, en 202 après J.-C., de cent cinquante sous les Gordiens et de mille sous Probus, sont mentionnés par un historien du premier de ces règnes[60] et les biographes des empereurs suivants, dans l’Histoire Auguste. Le gibier ordinaire et toute sorte de bêtes fauves apprivoisées, compris sous la dénomination générale d’animaux herbivores[61], et que l’on parvenait toujours facilement à se procurer en masses, pouvaient d’autant plus largement desservir les spectacles des grandes tueries d’animaux, ce qui paraît avoir eu lieu, effectivement aussi, dans les derniers temps de l’empire comme dans les commencements. C’est aux Jeux Floraux surtout que l’on faisait un grand massacre de gibier pareil[62], dans lequel les cerfs[63] ne manquaient pas plus que le lièvre[64]. Ce commun gibier d’Europe dominait naturellement aussi dans les jeux des provinces. Cependant des panthères et des léopards figuraient, assez souvent aussi, dans les spectacles de villes municipales telles que Vérone[65] et d’autres encore[66]. On mentionne à Cumes une représentation où partirent des autruches[67], et l’on voit encore, sur un bas-relief célèbre de Pompéji, des taureaux et des sangliers[68]. 2°. Depuis les jeux de Scaurus jusqu’à l’inauguration du théâtre
de Marcellus (de 58 à 11 avant notre ère).
Les jeux célèbres que Marcus Æmilius Scaurus donna, comme édile curule, marquent l’époque où furent introduits dans les spectacles de Rome des animaux d’Égypte, qu’il s’était probablement procurés à Pétra, lors de son incursion dans le pays des Nabatéens[69]. On y montra pour la première fois un hippopotame[70] qui fut, comme il paraît, tué lors du triomphe célébré par Auguste, après la conquête de l’Égypte, en l’an 29 avant J.-C.[71] Cet animal fut toujours rare, même sous l’empire. Cependant il paraît qu’on vit plusieurs hippopotames aux spectacles donnés par Antonin le Pieux en l’an 149 de notre ère[72], que Commode en tua cinq[73] et qu’Héliogabale en possédait plusieurs[74]. Il en existait encore un à Rome sous le règne de Gordien III[75]. Scaurus fut aussi le premier qui montra au peuple de Rome des crocodiles, au nombre de cinq, pour lesquels on avait creusé un bassin tout exprès, comme pour l’hippopotame[76]. Auguste, lors de la fête donnée pour l’inauguration du temple de Mars Vengeur, deux ans avant la naissance de J.-C., fit tuer trente-six de ces animaux au cirque Flaminien, dans lequel il avait fait conduire des eaux[77]. Une description de Strabon[78] paraît se rapporter à un autre spectacle. On y avait élevé, à côté du bassin d’eau, un échafaudage sur lequel les crocodiles pussent se vautrer au soleil. Des Tentyrites les y hissaient avec des filets et les faisaient ensuite redescendre dans l’eau, où ils se mêlaient à ces animaux, sans que ceux-ci leur fissent aucun mal. Antonin le Pieux aussi fournit des crocodiles pour les spectacles[79] ; Héliogabale en avait un[80] et Symmaque voulait en faire servir plusieurs à rehausser l’éclat de ses fêtes ; mais tous moururent pendant les préparatifs[81]. C’est aux jeux donnés par Pompée en 55 avant J.-C. que l’on vit, à Rome, le premier rhinocéros[82]. Mais, antérieurement déjà, le poète Lucilius connaissait cet animal d’ouï-dire[83]. Auguste fit tuer, en 29 avant J.-C., un rhinocéros[84], après l’avoir montré d’abord au clos des Septa[85]. En l’an 5 de notre ère, on vit un éléphant combattre avec un rhinocéros[86], que Strabon décrivit[87] pour l’avoir vu de ses propres yeux. D’après Pline le Naturaliste, on avait eu souvent l’occasion de voir des rhinocéros à une seule défense ; mais il est possible qu’il n’en parût pas à deux défenses avant celui que procura Domitien[88], et dont les médailles de son règne ont perpétué l’image[89]. Pausanias (IX, 21, 2) vit cet animal à Rome, où on le qualifiait de taureau d’Éthiopie. Commode passe pour avoir abattu plusieurs rhinocéros[90], Caracalla aussi en fit tuer un[91] ; Héliogabale en possédait un autre[92], et l’on en montra un aux jeux séculaires de Philippe[93]. Ce fut César qui montra la première girafe, aux jeux de son triomphe de l’an 46 avant J.-C.[94] Pline l’Ancien[95], Varron[96] et Horace[97] en parlent. Suivant Pline, cet animal, appelé par les Romains et les Grecs camelopardalis, ou ovis fera, désignation plus vulgaire sans doute, s’appelait nabus chez les Éthiopiens[98]. Postérieurement au siècle d’Auguste, Pausanias doit être mentionné comme le premier auteur qui vit à Rome, de ses propres yeux, une nouvelle girafe dont il nous a laissé la description, et qu’il appelle chameau indien[99] ; puis Dion Cassius (LXXII, 10) fut témoin oculaire de la mort d’une autre, tuée par Commode, et Florentinus[100], qui doit avoir vécu sous le règne de Macrin, en vit une troisième à Rome. Sous Gordien III, il y en avait dans cette capitale dix, qui furent promenées aux jeux séculaires de Philippe en 247[101] ; on en revit aussi quelques-unes au triomphe d’Aurélien sur Zénobie, en 278[102]. Au moyen âge, Albert le Grand vit et décrivit une girafe, envoyée par un sultan d’Égypte à l’empereur Frédéric II, puis Antonio Costanzio, une autre, qui était également le cadeau d’un sultan d’Égypte, en possession de Laurent de Médicis en 1486, année depuis laquelle on n’en revit plus aucune en Europe, sauf à Constantinople, jusqu’à l’arrivée de celle qui fut envoyée d’Alexandrie en France en 1827. Le cepus d’Éthiopie
de Pline[103],
espèce de singe[104], que Mongez
rattache au genre des singes macaques, habitants
de A ces mêmes jeux, on vit aussi pour la première fois le chama des Gaules, ou rufius dans l’idiome de ce pays, de la forme du loup et moucheté comme une panthère. Cet animal, dont César avait probablement fait cadeau à Pompée, et que les Romains appelaient aussi lupus cervarius[105], n’était, comme on voit, autre que le loup cervier, dont l’espèce s’est perdue en France, mais existait encore dans la forêt d’Orléans en 1548[106]. 3°. Depuis l’inauguration du théâtre de Marcellus jusqu’aux
derniers temps de l’empire.
Le tigre ne parut à Rome que sous le règne d’Auguste, Varron encore (V, 20) niait la possibilité de le prendre vivant, bien que déjà le roi Séleucus eût fait présent aux Athéniens d’un de ces animaux, mentionné par Philémon et Alexis dans Athénée (XIII, p. 590). Suivant Dion Cassius (LIV, 9), Auguste aurait reçu les premiers tigres d’une ambassade de l’Inde, qui le trouva en l’an 19 avant J.-C. dans l’île de Samos ; mais, suivant Pline[107], le premier qui vint à Rome aurait été celui que l’empereur fit voir apprivoisé dans une cage, à l’inauguration du théâtre de Marcellus, le 4 mai de l’an 11 av. J.-C. Claude eut quatre tigres. Martial parle également d’un tigre apprivoisé[108]. Domitien et Antonin le Pieux exhibèrent aussi un certain nombre de tigres, le premier probablement à l’occasion des spectacles de son triomphe sur les Sarmates, célébré au commencement de l’an 94[109]. Dion Cassius (LXXIX, 9) rapporte que cinquante et un tigres furent tués en 218 aux noces d’Héliogabale, qui, d’après son biographe (c. 28), se serait même montré en Bacchus, sur des chars attelés de cerfs, de lions et de tigres. Gordien III possédait dix tigres[110] ; Aurélien n’en eut que quatre[111]. Aux spectacles de Domitien partirent aussi le bubalus, espèce d’antilope, et l’ure ou bison[112], que l’on revit aux jeux de Septime Sévère en 202[113]. Pausanias, qui avait vu de ces ures à Rome, les appelle taureaux de Péonie et en a décrit la chasse dans tous ses détails[114]. La damma, espèce d’antilope d’Afrique, appelée nanguer d’après Cuvier, est aussi très souvent mentionnée[115]. L’oryx, Matutinarum non ultima præda ferarum
Sævus oryx, . . . . . . . . . . . . . . .[116] était également un animal du désert d’Afrique, caractérisé par une seule corne[117]. Martial nomme encore l’onagre parmi les animaux de la vénerie de l’amphithéâtre[118]. Cet animal était peut-être l’âne sauvage, que nous appelons nous-mêmes onagre. Cuvier y voyait le djiggetaï (equus hemionus de Pallas). On avait cru longtemps, comme le crut encore Gibbon lui-même, pouvoir y reconnaître le zèbre, mais Mongez a eu d’autant moins de peine à réfuter cette opinion que les Anciens parlent de l’apprivoisement de l’onager, tandis que le zèbre n’a jamais pu être apprivoisé, et qu’ils ne mentionnent pas les raies si caractéristiques pour ce dernier. C’est Philostorgue[119] qui a le premier décrit le zèbre, sous le nom d’όνος άγριος ; mais peut-être l’hippotigre, qui fut tué aux jeux de Caracalla[120], était-il également un zèbre, moitié cheval, moitié tigre, comme la girafe était, pour les anciens, moitié chameau, moitié panthère (camelopardalis). Quant à l’onagre, la mention de cet animal revient souvent dans la suite[121]. Dans les fameux spectacles d’Antonin le Pieux, de l’an 149 probablement[122], où l’on vit des animaux de toutes les parties du monde, d’après son biographe[123], on trouve en outre la mention du strepsiceros, espèce d’antilope d’Afrique, d’après Mongez, ainsi que celle de la crocuta, animal qui reparut aux jeux de Septime Sévère en 202, que Dion Cassius (LXXVI, 1) décrivit, le croyant nouveau, et que l’on a pris pour une hyène. Pausanias[124] vit aussi,
parmi les animaux que l’on chassait à l’amphithéâtre, des cerfs blancs et
l’élan des Gaules (alces), animal qui lui paraissait tenir
le milieu entre le cerf et le chameau. Gordien Ier, Gordien III et Aurélien possédèrent des élans, les
deux premiers chacun dix[125]. Cet animal était
cependant devenu rare, dans Aux jeux de Gordien Ier, on vit figurer en outre cent moutons sauvages (oves feræ), dénomination qui ne s’applique plus ici ; comme précédemment, à des girafes, mais peut-être à une espèce décrite par Columelle[127] ; puis cent taureaux de Chypre (tauri Cypriaci) et deux cents ibices, espèce de chèvres, d’après Pline le Naturaliste[128]. Symmaque[129] fit aussi venir
pour ses jeux des addaces, espèce de
gazelles, des pygargues, la capra ægagrus
de Pallas peut-être, et des chiens d’Écosse[130], race que l’on
exportait déjà, de Enfin, l’on trouve encore, dans les spectacles décrits par Calpurnius[132], la mention du lièvre blanc (lepus variabilis de Pallas), du sanglier cornu (babiroussa probablement) et du phoque. Pour les serpents, qu’on exposait, mais qui ne figurèrent jamais dans les représentations de chasses, nous renvoyons au premier chapitre. N° 3. — Amphithéâtres romains de l’Italie et des provinces.Rien ne montre plus clairement combien les jeux de la gladiature et les tueries d’animaux étaient répandus, dans l’empire romain, que le grand nombre d’amphithéâtres dont il reste des vestiges. Encore ne faut-il pas perdre de vue que le besoin d’élever des amphithéâtres en pierre, les seuls dont les ruines aient pu résister aux injures du temps jusqu’à nos jours, n’a dû, naturellement, se faire sentir que dans les localités où ces spectacles étaient donnés régulièrement et à grands frais. L’absence de traces d’un édifice pareil dans d’autres lieux, où l’on se contentait peut-être d’un amphithéâtre en bois, ne prouve donc pas nécessairement que l’on y fût privé des jeux de l’arène. Les traces des amphithéâtres se retrouvent dans certaines traditions, dans des ruines ou débris encore existants et dans l’usage local de certaines dénominations par lesquelles on les désignait au moyen âge. Mais tous ces indices sont souvent tellement vagues, qu’il est impossible d’en rien conclure avec certitude. Ainsi l’existence du prétendu amphithéâtre de Pérouse n’est, ou plutôt ne paraît attestée que par les actes de saint Herculan, qui sont apocryphes[133]. Le fait de la construction d’un amphithéâtre à Pavie par Théodoric le Grand, pour lequel il existe un autre témoignage[134], n’est pas moins contestable. Maffei[135] ne l’admet pas, par la considération que l’usage des jeux de la gladiature était tombé longtemps avant cette époque ; mais on peut objecter, d’autre part, que les tueries d’animaux, auxquelles servaient alors principalement les amphithéâtres, étaient restées à la mode, et que Théodoric fit notoirement beaucoup pour les spectacles, à Rome aussi. Le mot arena,
appliqué à certains lieux, se retrouve dans beaucoup de villes, au moyen âge[136]. Mais est-il
permis d’affirmer sur la foi d’une simple mention du treizième siècle, ou de
tirer, comme on l’a fait[137], de la
circonstance qu’il existait à Paris, sur la rive gauche de La dénomination de Colosseum n’appartenait pas exclusivement au Colisée de Rome, que nous avons décrit. Quelques autres amphithéâtres d’Italie ont été qualifiés de même, en raison de leurs dimensions colossales, comme l’ont très bien établi Mazzocchi et Maffei, et non d’après le colosse de Néron. Ainsi, notamment l’amphithéâtre de Capoue, appelé Colossus par le moine bénédictin Erchempert, qui écrivit dans cette ville, au neuvième siècle, une histoire des Lombards ; puis celui de Florence, que Benvenuto Cellini, dans son autobiographie, nomme aussi Colosseo, et celui de Luna, connu sous le même nom des gens de la campagne voisine[140]. Une troisième série de dénominations, assez communes en
Italie, pour des ruines d’anciens amphithéâtres et même pour d’autres du même
genre ; dans la bouche du peuple, est celle des mots Berelais, Berelasis,
Berolassi, qui, dans Erchempert,
servent également à désigner l’amphithéâtre de Capoue, et auxquels viennent
se substituer, dans des documents, relatifs à l’amphithéâtre de Florence, de
la période du onzième siècle au quatorzième, les mots Perilasium, Perlasium,
Perlagium, Perlascio,
Pierlascio, Piarlagio, Piarlasgio.
Un document de 1071 porte Peribasium,
mot que Manni croit être la forme originaire et correcte. Deux parchemins,
des années 1085 et 1086, offrent aussi la variante assez bizarre de Pratolascio. Quant aux trois premières formes,
employées par Erchempert, des érudits italiens, tels que Rucca[141], croient
qu’elles sont d’origine arabe et datent du temps où Les vestiges de pierre aussi sont souvent trompeurs, et, pour une foule de ruines, il est absolument impossible de décider si elles proviennent d’un amphithéâtre ou de quelque autre édifice. Un prétendu amphithéâtre à Doué, en Poitou, n’est en réalité, d’après Montfaucon[144], que le reste d’un ancien palais des rois de France. Mais, s’il est certain qu’il y a, d’une part, plus d’un retranchement à faire sur la liste des amphithéâtres romains dont on avait cru pouvoir affirmer l’existence, d’après celle de ruines ou d’autres indices, il n’y a pas moins de chance, de l’autre, pour que cette liste s’enrichisse encore de mainte nouvelle découverte, par suite de l’exploration de contrées encore peu connues, ou de fouilles d’érudition, dans les archives des villes surtout. Nous sommes encore loin d’avoir connaissance de tous les édifices de ce genre qui existaient dans la dernière période de l’antiquité, et dont la plupart ont dû disparaître, dans la longue nuit de barbarie du moyen âge, sans même laisser de traces. Si l’on a été, quelquefois, trop prompt à se prononcer sur l’existence d’anciens amphithéâtres, d’après les indices de ruines méconnaissables et de témoignages suspects ou apocryphes, l’ouvrage de Maffei a fait justice de cette légèreté et opéré une réaction salutaire dans l’esprit qui doit guider ces recherches. Cependant le savant archéologue s’est certainement laissé emporter trop loin par son zèle critique, en n’admettant que trois amphithéâtres, ceux de Rome, de Capoue et de Vérone, en déclarant celui de Pola un simple théâtre, et révoquant même en doute la destination reconnue des Arènes de Nîmes. Lipsius a, le premier, essayé de dresser une liste d’amphithéâtres, dans son écrit intitulé : De amphitheatris quœ extra Romam. Il en énumère quinze, desquels il y a cependant à retrancher les deux que l’on croyait à tort pouvoir revendiquer pour Doué (voir plus haut) et pour Athènes. Montfaucon (III, p. 258) en nomme dix-huit hors de Rome, tous situés en Italie et en France, à l’exception des ruines d’Italica. Clérisseau[145] donne un relevé de soixante-deux amphithéâtres, mais qui ne paraît pas moins sujet à révision que celui de Promis, dont les indications portent sur cinquante-cinq amphithéâtres d’Italie, au sujet desquels il n’admet pas le doute. Le relevé de tous les amphithéâtres connus d’Émile Hubner[146], le plus récent à notre connaissance, en embrasse de quatre-vingt-trois à quatre-vingt-cinq. Pour compléter la liste que nous allons essayer de dresser nous-même, nous avons consulté la bibliothèque de M. O. Jahn, particulièrement riche en monographies concernant les ruines d’Italie, sur lesquelles d’utiles renseignements nous ont été communiqués en outre par l’architecte Rod. Bergau et le docteur O. Hirschfeld. Quant aux données sur les amphithéâtres d’Espagne, nous cri sommes principalement redevable à M. le professeur Émile Hubner. Le défaut d’espace ne nous permettant pas d’entrer dans de grands détails descriptifs, rions nous bornerons le plus souvent, dans l’énumération qui va suivre, à l’indication des sources et documents dans lesquels ils abondent. Rien ne prouve l’existence d’aucun amphithéâtre en pierre antérieur à celui que Statilius Taurus, le premier, fit construire, en l’an de Rome 725, dans cette ville même. Il est aujourd’hui généralement reconnu que les amphithéâtres d’Étrurie n’ont pas été bâtis par les Étrusques, comme on l’avait cru, mais bien par les Romains[147]. On a cru pouvoir faire remonter l’origine de l’amphithéâtre de Pompéji aux premiers temps de l’établissement de cette colonie par Sylla, en arguant de la forme des lettres et de quelques archaïsmes d’une double inscription qui s’y trouve[148] ; mais cette opinion est réfutée par Garrucci et d’autres savants, des observations desquels il résulte que l’usage de ces formes vieillies a partiellement survécu à la république. Cependant la date de l’an de Rome 685 ; pour l’achèvement de cet édifice, ne repose que sur une conclusion, tout aussi incertaine, tirée par Garrucci d’une autre inscription. L’amphithéâtre de Pouzzoles ne paraît pas, d’après le même, antérieur au temps des Flaviens, En général, il n’existe pas d’inscriptions desquelles on puisse conclure à la construction d’amphithéâtres avant Auguste. Mais, sous son règne, il y en avait déjà dans plusieurs villes d’Italie, comme on le voit par la recommandation de Vitruve (I, 7), d’ériger près du cirque les temples d’Hercule, dans celles qui étaient encore dépourvues de gymnases et d’amphithéâtres. Dans beaucoup de ces villes, cependant, les jeux de gladiateurs se donnaient encore, de son temps, au forum[149]. Alexandrie, en Égypte, aussi eut, dès l’an de Rome 730, son amphithéâtre, que Strabon y vit en cette année et mentionne, de même qu’un autre à Nysa, en Carie[150], ce qui prouve qu’ils n’avaient point tardé à se propager hors d’Italie. Nous allons, maintenant, passer en revue les amphithéâtres de toutes les parties de l’empire romain, en commençant par l’Italie et les autres provinces occidentales. I. —
Occident.
1. — Italie.
LATIUM. — Indépendamment du Colisée à Rome, il y existait des amphithéâtres dans les villes d’Albano, Aquinum, Arpinum, Casinum, Circeji, Frosinone, Minturne, Préneste, Setia, Tibur, Tusculum, Valéria et Vellétri. L’amphithéâtre de Casinum, découvert en 1757 par des chercheurs de trésors, parait dater d’une époque qui n’est certainement pas antérieure à l’an 50 de notre ère (Pline le Jeune, Lettres, VII, 24) ; celui d’Albano est postérieur à Domitien et celui de Vellétri fut restauré sous les empereurs Valentinien et Valens (Orelli, 2538, et Henzen, III, p. 225). L’amphithéâtre de Tusculum, connu dans la localité sous le nom de Scuola di Cicerone, pouvait contenir environ 3.000 spectateurs. Celui de Tibur (Tivoli) a subsisté, d’après Promis, jusqu’au pontificat de Pie II. Les ruines de celui d’Aquinum sont vulgairement désignées sous le nom de Grotte des Païens. Voir, pour la plupart de ces amphithéâtres, Westphal, SAMNIUM. — Amph. à Acelanum (C. I. L., 4231), Allifæ (Henzen, Expl. mus. Borgh., p. 82), Bénévent (d’après Promis), Telesia, (Henzen, l. c.) et Venafrum (Cotugno, Memorie storiche di Venafro, Naples 1824, p. 260, etc.). Dans ce dernier, il y avait place pour 8.000 spectateurs. LUCANIE.- Deux amph. : l’un à Pæstum, reconnu par Winckelmann et mesuré par Paoli, Ruine dell’ antica città di Pesto, 1784 ; l’autre à Grumentum (Roselli, Storia Grumenteria, p. 50). POUILLE. — Amph. à Vénuse, patrie d’Horace (St-Alœ, Bull. dell’ hist., 4842, p, 129 et Bull. Nap., I, 1843, p. 62). FRENTANI. — Amph. à Larinum (Marangoni, Delle mem. sacre e profane dell’ anf. Flavio, p. 30). CAMPANIE. — Amph. à Capoue, Pompéji, Pouzzoles, Pausilippe, Cumes et Abella. L’amphithéâtre de Capoue, un des plus vastes de l’Italie,
aurait, d’après Rucca (Capuce
vetere, 1828, p. 136-291, et Anf. capuano mus. borb., XV,1856,
tav. 37-39 et 41), égalé, sinon surpassé le Colisée en grandeur. Il
avait quatre étages, dont le premier est conservé. Les quatre-vingts arches
qui y donnaient entrée étaient ornées de statues des divinités païennes, dont
il reste encore les têtes de Jupiter et de Diane. Les statues d’Adonis, de L’amphithéâtre de Pouzzoles avait aussi soixante-douze arches d’entrée et des souterrains. Voir Rucca, Su l’ipogeo dell’ anf. Puteolano, 1851 ; d’Ancora, Guida di Pozzuoli, p. 59, et le Guide de Jorio, Naples, 1830, p. 49 ; Schulz, Bull. dell’ Inst., 1841, p. 183-185 ; Capacio, Puteolana historia, Naples, 1604, p. 31 ; etc., etc. — Pour Cumes, voyez Jorio, Guida di Pozzuoli e contorni, 3e éd. p. 85 ; pour Pompéji, dont l’amphithéâtre pouvait, d’après Goro de Agyagfalva, contenir 20.000 spectateurs, les ouvrages cités dans le Manuel d’Arch. d’O. Muller, § 260 ; puis, pour Pausilippe, Schulz, Scavi di Nocera e del Posilippo, Bull. dell’ hist., 1842, p. 59 et 145. Il existait peut-être plusieurs amphithéâtres pareils au bord de la mer, dans ces environs. — Voir aussi une poésie De amphitheatro vicino mari, dans l’Anthologie latine de Meyer, III, 916 (II, p. 13). Sur celui d’Abella, qui pourrait bien n’avoir été construit qu’en bois, il reste une inscription accompagnée d’un dessin, de l’an 170 de notre ère (I. N., 1952). PAYS DES |